Publié le 8 janvier 2024 06:44:00. Une infection par le virus respiratoire syncytial (VRS) chez les nourrissons hospitalisés augmente significativement le risque de développer des problèmes respiratoires chroniques, voire de l’asthme, selon une étude récente. La vaccination, y compris par anticorps monoclonaux, pourrait offrir une protection supplémentaire.
- Les nourrissons hospitalisés pour une bronchiolite due au VRS présentent un risque 3,3 fois plus élevé de développer une maladie pulmonaire chronique.
- Ce risque est encore accru si l’un des parents souffre d’asthme (multiplié par 5,4 si la mère est asthmatique, par 4,7 si c’est le père).
- La prophylaxie par anticorps monoclonaux, comme le Nirsevimab, pourrait protéger non seulement contre la bronchiolite aiguë, mais aussi contre le développement ultérieur de l’asthme.
Les nourrissons sont particulièrement vulnérables au virus respiratoire syncytial (VRS), un virus courant qui provoque des infections des voies respiratoires inférieures. Si la plupart des enfants sont infectés par le VRS durant la petite enfance, environ 2 à 3 % développent une bronchiolite, une inflammation des petites branches des bronches. Dans les cas les plus graves, une hospitalisation, voire des soins intensifs, peuvent être nécessaires. Bien que la guérison soit généralement complète, une étude récente met en évidence des conséquences à long terme potentielles.
Des chercheurs belges, dirigés par Bart Lambrecht du « Vlaams Instituut voor Biotechnologie », ont publié leurs travaux dans la revue Science Immunology (DOI : 10.1126/sciimmunol.adz4626). Leur analyse de données danoises révèle que les enfants ayant été hospitalisés pour une bronchiolite à VRS ont un risque accru de développer de l’asthme. L’étude précise que ce risque est considérablement amplifié si l’un des parents est asthmatique.
Pour comprendre les mécanismes en jeu, l’équipe de Lambrecht a également mené des expériences sur des souris de laboratoire. En infectant de jeunes souris avec un virus similaire au VRS, elles ont observé le développement d’une réaction allergique au niveau des bronches, comparable à l’asthme. Cette réaction est associée à l’activation de cellules immunitaires spécifiques, les cellules T auxiliaires de type 2, connues pour leur rôle dans les allergies.
Les chercheurs ont ensuite testé l’efficacité d’anticorps ciblant à la fois le virus de la pneumonie muride (PVM), un modèle animal du VRS, et le VRS lui-même. En administrant ces anticorps aux mères des souris, les jeunes animaux ont bénéficié d’une protection passive via le lait maternel. Les résultats sont encourageants : même chez les souris issues de mères prédisposées à l’asthme, l’infection par le PVM n’a pas entraîné le développement de complications respiratoires.
« Les résultats donnent l’espoir que la prophylaxie contre le VRS avec l’anticorps (monoclonal ; ndlr) Nirsevimab protège les nouveau-nés non seulement contre la bronchiolite grave, mais aussi contre les maladies asthmatiques ultérieures. Une prophylaxie par la vaccination des femmes enceintes serait également envisageable. »
Revue médicale allemande
En Autriche, la prévention du VRS chez les nouveau-nés repose sur l’administration d’anticorps monoclonaux, le Nirsevimab, afin de les protéger durant la première saison du VRS. Cette approche a déjà permis de réduire le nombre d’hospitalisations liées à cette infection. La vaccination active des femmes enceintes est également une option pour assurer une protection aux bébés. Le plan de vaccination autrichien recommande généralement la vaccination contre le VRS à partir de 60 ans. Selon une étude commandée par l’Association des fabricants de vaccins, les maladies liées au VRS représentent un coût annuel d’environ 317 millions d’euros.
Il est à noter que, aux États-Unis, l’administration de Donald Trump et le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr., connu pour ses positions sceptiques envers les vaccins, ont récemment retiré la vaccination contre le VRS de la liste des vaccins généralement recommandés. Cette décision contraste avec les conclusions des scientifiques belges et les recommandations de nombreux experts en santé publique.
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