Publié le 23 novembre 2023 01:10:00. De nouvelles frappes israéliennes sur un camp de réfugiés au sud du Liban ont fait de nombreuses victimes, relançant les accusations de violations du droit international et ravivant les souvenirs de massacres passés.
- Des dizaines de personnes ont été tuées dans un camp de réfugiés situé au sud du Liban suite à une attaque israélienne.
- Israël affirme cibler des infrastructures du Hamas dans la région d’Ain al-Helweh.
- Le souvenir du massacre de Sabra et Chatila en 1982, où entre 3 500 et 4 000 réfugiés palestiniens ont été tués, hante les mémoires.
L’armée israélienne a confirmé avoir mené une opération dans la région d’Ain al-Helweh, au sud du Liban, affirmant cibler un complexe d’entraînement du Hamas. Selon un communiqué militaire, des « terroristes en position de préparation » opéraient dans ce lieu. Cette frappe intervient dans un contexte de tensions régionales exacerbées et soulève de vives inquiétudes quant au sort des populations civiles.
Ce nouvel incident ravive des souvenirs douloureux. En 1982, les camps de réfugiés de Sabra et Chatila, situés à Beyrouth, ont été le théâtre d’un massacre d’une ampleur considérable. Des témoignages glaçants rapportent des exécutions sommaires, des viols et des actes de barbarie commis par des milices alliées à Israël. Entre 3 500 et 4 000 réfugiés palestiniens ont alors péri. Des informations de l’époque décrivent des scènes horribles : des enfants retrouvés morts dans leurs lits, des corps mutilés et des femmes victimes de violences sexuelles avant d’être assassinées.
À l’époque, Ariel Sharon, alors ministre israélien de la Défense, a été désigné comme responsable de ce massacre par de nombreux observateurs. L’Institut pour la compréhension du Moyen-Orient (IMEU) a ainsi écrit sur son site internet : « Le ministre de la Défense Sharon était responsable du massacre. Il a planifié et lancé l’attaque israélienne non provoquée. » Ironie de l’histoire, Sharon deviendra Premier ministre d’Israël en 2001, sans jamais être inquiété pour ces événements.
Sharon, figure controversée de l’histoire israélienne, avait déjà été salué comme un héros militaire après la guerre des Six Jours en 1967, où il commandait une division blindée ayant rencontré peu de résistance lors de l’invasion du Sinaï. Cependant, son parcours a été marqué par de nombreuses controverses et accusations de crimes de guerre. En 2006, un accident vasculaire cérébral l’a terrassé, le plongeant dans un coma qui durera huit ans, jusqu’à son décès le 11 janvier 2014 à l’âge de 85 ans.
L’ancien président américain Ronald Reagan l’avait qualifié d’« homme belliqueux qui ne semblait pas pouvoir attendre de déclencher une guerre ». Malgré les accusations et les témoignages accablants, les auteurs du massacre de Sabra et Chatila n’ont jamais été traduits en justice, laissant une blessure béante dans la mémoire collective palestinienne et internationale.
(fmi/bac)
