Home AffairesL’accord alimentaire entre le Royaume-Uni et l’UE visant à atténuer les problèmes de Windsor pourrait coûter trop cher, déclare l’ancien ministre britannique – The Irish Times

L’accord alimentaire entre le Royaume-Uni et l’UE visant à atténuer les problèmes de Windsor pourrait coûter trop cher, déclare l’ancien ministre britannique – The Irish Times

by Amélie Bernard

Publié le 5 novembre 2023 19h36. Un ancien ministre britannique du Commerce met en garde contre le coût potentiellement élevé d’un accord commercial entre l’Union européenne et le Royaume-Uni visant à résoudre les tensions liées aux exportations alimentaires vers l’Irlande du Nord.

  • L’ancien ministre conservateur Greg Hands s’oppose à un alignement de Londres sur les réglementations européennes en matière de santé et de sécurité des aliments (règles SPS).
  • Il estime que de telles réglementations entravent l’innovation et ne servent pas les intérêts du Royaume-Uni.
  • Les négociations sur un accord SPS pourraient durer jusqu’à deux ans, selon la Commission européenne.

Un accord sur les règles sanitaires et phytosanitaires (SPS) entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, actuellement en discussion, pourrait s’avérer coûteux pour Londres, selon Greg Hands, ancien ministre du Commerce britannique. S’exprimant lors d’une conférence à Dublin, il a exprimé son opposition à une harmonisation des réglementations britanniques avec celles de l’UE en matière de sécurité alimentaire.

« Je ne pense pas que ce soit la bonne stratégie pour le Royaume-Uni. Ce n’est pas vraiment dans l’intérêt du Royaume-Uni. De nombreuses réglementations bruxelloises sur les aliments et les boissons étouffent assez l’innovation. »

Greg Hands, ancien ministre britannique du Commerce

Cet accord, soutenu par certains comme un moyen de faciliter le commerce entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord et d’apaiser les unionistes, est perçu par M. Hands comme une concession excessive de la part du Royaume-Uni. Il s’interroge sur la pertinence pour Londres de s’aligner sur des règles sur lesquelles elle n’a pas de pouvoir décisionnel, craignant que cela ne freine le développement de secteurs innovants, notamment dans le domaine des organismes génétiquement modifiés (OGM).

« Pourquoi le Royaume-Uni s’alignerait-il volontairement et dynamiquement sur des règles sur lesquelles nous n’avons pas notre mot à dire ? Cela tuerait beaucoup de choses naissantes au Royaume-Uni, comme certains travaux effectués sur les OGM. »

Greg Hands, ancien ministre britannique du Commerce

M. Hands, qui a occupé le poste de ministre du Commerce à deux reprises (entre 2016 et 2018, puis de 2020 à 2024), a également exprimé des doutes quant à l’efficacité réelle d’un tel accord pour stimuler les échanges. Il remet en question l’impact sur la demande en Irlande du Nord, se demandant si un accord SPS se traduirait réellement par une augmentation significative des ventes de produits alimentaires, comme les saucisses.

Il estime qu’un accord SPS réduirait la paperasserie et les contrôles, mais ne générerait pas forcément un nouveau volume d’échanges. Il anticipe plutôt un allègement de la bureaucratie pour les échanges existants.

M. Hands a également souligné que la Commission européenne considère ces négociations comme une concession majeure, alors que, selon lui, c’est le Royaume-Uni qui fait des compromis en s’alignant sur les normes européennes. Il a donné l’exemple des exportations d’agrumes sud-africains, qui étaient auparavant exemptées de certificats phytosanitaires et d’inspections, mais qui sont désormais soumises à des règles plus strictes imposées par l’UE.

Il a également souligné que la Commission européenne pourrait suspendre l’accord SPS si elle n’est pas satisfaite des conditions. Il a suggéré que le gouvernement irlandais pourrait jouer un rôle utile en encourageant le pragmatisme dans ces négociations.

Enfin, M. Hands a relativisé les risques liés à la propagation de maladies fongiques des agrumes, estimant que les importations vers la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, qui ne sont pas des producteurs d’agrumes, ne pourraient pas mettre en péril l’industrie ibérique.

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