Home MondeL’accord avec l’Ukraine n’est pas une « offre finale », déclare Trump alors que les responsables se réunissent pour le sommet de Genève – The Irish Times

L’accord avec l’Ukraine n’est pas une « offre finale », déclare Trump alors que les responsables se réunissent pour le sommet de Genève – The Irish Times

by Clara Dubois

Publié le 23 novembre 2025 à 08h31. L’ancien président américain Donald Trump a présenté un plan de paix pour l’Ukraine qui exige des concessions territoriales à la Russie, suscitant une vive controverse internationale et des réactions mitigées à Kiev. Des négociations sont en cours à Genève pour tenter de trouver un terrain d’entente, mais les divergences restent profondes.

  • Donald Trump propose un plan de paix pour l’Ukraine impliquant des concessions territoriales à la Russie.
  • L’Ukraine et plusieurs pays occidentaux ont exprimé de fortes réserves, certains y voyant un parallèle avec les accords de Munich de 1938.
  • Des négociations sont en cours à Genève, avec la participation de représentants ukrainiens, américains et européens.

La proposition de Donald Trump, dévoilée samedi, a immédiatement provoqué une onde de choc. Le plan, élaboré avec l’aide de Kirill Dmitriev, envoyé de Vladimir Poutine, et de Steve Witkoff, représentant de Trump, appelle Kiev à céder les territoires actuellement contrôlés par la Russie, à réduire la taille de son armée et à renoncer aux armes à longue portée. Il exclut également toute force de maintien de la paix européenne et l’imposition de sanctions pour les crimes de guerre russes.

Volodymyr Zelensky a averti que son pays se trouvait face à un choix crucial : préserver sa dignité nationale ou perdre un allié majeur. Dans un discours prononcé vendredi, il a déclaré que l’Ukraine traversait l’un des moments les plus difficiles de son histoire. Samedi, il a réaffirmé que la paix véritable devait reposer sur une « sécurité et une justice garanties ». Une équipe de négociateurs, dirigée par son chef de cabinet Andriy Yermak, se rendra à Genève pour discuter de la proposition américaine.

L’administration américaine a cherché à clarifier la nature de cette proposition. Le département d’État a démenti les affirmations de plusieurs sénateurs américains, dont Marco Rubio et Angus King, selon lesquelles le secrétaire d’État avait qualifié le plan de « liste de souhaits des Russes ». Le porte-parole adjoint du département d’État, Tommy Piggott, a qualifié ces affirmations de « manifestement fausses ». Rubio a ensuite précisé que la proposition avait été rédigée par les États-Unis « comme un cadre solide pour les négociations en cours », basé sur les contributions des deux parties.

La réaction ukrainienne a été particulièrement virulente. Des commentateurs ont souligné les similitudes avec l’accord de Munich de 1938, qui avait permis à Hitler d’annexer une partie de la Tchécoslovaquie. Mustafa Nayyem, figure de proue de la révolution Maïdan de 2014, a dénoncé un plan qui inviterait à une nouvelle invasion russe, non seulement de l’Ukraine, mais aussi d’autres pays européens. Il a également exprimé son indignation face à l’amnistie « totale » accordée aux crimes de guerre russes.

Sur le terrain, l’accueil est mitigé. Dmytro Sariskyi, un jeune homme de 21 ans interrogé à Kiev, estime que la Russie cherche à contrôler l’Ukraine politiquement et territorialement depuis des années et que l’accord Trump ne fait que renforcer cette ambition. Sofia Barchan, 19 ans, se montre plus confiante, affirmant que l’Ukraine restera forte même sans le soutien américain. Olena Ivanovna, interrogée près d’une réplique de la porte médiévale de Kiev, a quant à elle exprimé sa gratitude envers Trump pour ses efforts de paix, suggérant que l’Ukraine devrait envisager de céder temporairement la Crimée et le Donbass pour conserver les États-Unis comme allié.

La communauté internationale a également réagi. Lors d’une réunion en Afrique du Sud, les dirigeants du G20 et le Conseil européen ont publié une déclaration commune rejetant le plan de Trump, estimant qu’il nécessitait « un travail supplémentaire ». Ils ont souligné la nécessité de consulter les membres de l’UE et de l’OTAN sur certaines de ses dispositions, notamment l’exclusion de l’adhésion de Kiev à l’OTAN et les conditions imposées à son adhésion à l’UE. Le Taoiseach irlandais, Micheál Martin, a appelé à des efforts renouvelés pour mettre fin à « l’invasion illégale » de l’Ukraine par la Russie.

L’ancienne Première ministre finlandaise Sanna Marin a qualifié le plan de catastrophe, non seulement pour l’Ukraine, mais pour « l’ensemble du monde démocratique ». L’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt a, quant à lui, comparé Trump à quelqu’un qui nourrit un crocodile en espérant qu’il le mangera en dernier, soulignant la nécessité pour l’Europe de choisir entre l’apaisement et la défense de ses valeurs.

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