Home SantéL’adoption de l’IA dans le domaine de la santé est 2,2 fois plus rapide que l’économie dans son ensemble

L’adoption de l’IA dans le domaine de la santé est 2,2 fois plus rapide que l’économie dans son ensemble

by Sophie Martin

L’intelligence artificielle s’impose à vitesse grand V dans le secteur de la santé, avec des dépenses qui devraient tripler d’ici à 2025 pour atteindre 1,4 milliard de dollars (environ 1,3 milliard d’euros). Ce virage technologique, autrefois perçu comme lent, est désormais mené par les prestataires de soins qui cherchent à alléger les tâches administratives et à lutter contre l’épuisement professionnel.

Selon un rapport publié par Menlo Ventures, basé sur une enquête auprès de plus de 700 dirigeants du secteur, l’adoption de l’IA par les établissements de santé est 2,2 fois plus rapide que dans l’ensemble de l’économie. La question n’est plus de savoir si l’IA est bénéfique, mais plutôt de savoir à quelle vitesse elle peut être mise en œuvre efficacement.

Les dépenses en IA dans le domaine de la santé explosent, avec une augmentation de près de 300 % par rapport à l’année précédente. Cet investissement massif se concentre sur des applications à retour sur investissement rapide, et non sur de simples projets pilotes. Les prestataires de soins représentent à eux seuls 75 % de ces dépenses, soit 1 milliard de dollars (environ 930 millions d’euros), soulignant leur besoin urgent d’améliorer leur efficacité et de pallier la pénurie de personnel.

Deux domaines dominent les investissements : la documentation clinique ambiante (600 millions de dollars, soit environ 560 millions d’euros), qui vise à réduire l’épuisement professionnel des médecins en automatisant la prise de notes, et l’automatisation du codage et de la facturation (450 millions de dollars, soit environ 420 millions d’euros), qui permet de récupérer des revenus perdus en raison d’erreurs. D’autres applications, comme les solutions d’engagement des patients et l’IA pour l’autorisation préalable, connaissent une croissance fulgurante, multipliant par 20 et par 10 respectivement leur adoption d’une année à l’autre.

Cette dynamique a favorisé l’émergence de huit “licornes” (start-ups valorisées à plus d’un milliard de dollars) spécialisées dans l’IA pour la documentation médicale, la gestion du cycle de facturation et les opérations des payeurs – un nombre supérieur à celui observé dans d’autres secteurs d’application de l’IA.

Si les prestataires de soins accélèrent l’adoption de l’IA, les payeurs (assureurs, organismes de santé publique) adoptent une approche plus prudente. Les systèmes de santé ont réduit leurs cycles d’achat de 18 %, et les prestataires ambulatoires de 22 %, tandis que les cycles d’achat des payeurs se sont allongés de 20 %. Les payeurs craignent que l’optimisation de la facturation par l’IA ne conduise à une augmentation du volume des réclamations et, par conséquent, des coûts.

Le marché est également marqué par une tension entre les start-ups innovantes et les acteurs historiques. Les start-ups captent actuellement 85 % des dépenses en IA générative, mais les fournisseurs de logiciels de gestion des soins (DSE) traditionnels, tels qu’Epic et Oracle Health, conservent un avantage grâce à leur intégration profonde et à la confiance qu’ils inspirent à leurs clients. 67 % des prestataires ambulatoires envisagent de changer de fournisseur de solutions de documentation clinique d’ici trois ans, estimant que la technologie devient trop standardisée.

Dans le secteur pharmaceutique et biotechnologique, la stratégie est différente : plutôt que d’acheter des logiciels existants, les entreprises privilégient la création de modèles d’IA propriétaires, axés sur l’analyse des données de recherche et développement (R&D). 66 % des entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques investissent dans le développement ou l’amélioration de modèles exclusifs adaptés à la biologie et à la découverte de médicaments.

Le rapport conclut que le potentiel le plus important réside dans l’automatisation des 740 milliards de dollars (environ 685 milliards d’euros) de dépenses administratives annuelles aux États-Unis. La prochaine étape de l’innovation consistera à intégrer ces outils d’IA dans la complexité du système de soins de santé.

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