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L’Afrique du Sud perd sa place de premier constructeur automobile africain au profit du Maroc

by Clara Dubois

Publié le 11 janvier 2026. Le Maroc a dépassé l’Afrique du Sud pour devenir le premier constructeur automobile d’Afrique, une ascension fulgurante portée par des investissements massifs et une politique industrielle ambitieuse, tandis que l’Afrique du Sud peine à maintenir son rythme de production.

  • Le Maroc a franchi le cap du million de véhicules produits début décembre 2025, soit une augmentation de 79 % par rapport à 2024.
  • Cette performance place le Maroc devant l’Afrique du Sud, qui dominait traditionnellement le secteur automobile africain.
  • L’essor du Maroc est soutenu par des investissements importants dans les énergies renouvelables et des accords de libre-échange stratégiques.

L’industrie automobile marocaine a connu une expansion rapide au cours des 15 dernières années. En 2010, le pays n’exportait aucun véhicule, mais a depuis attiré des investissements considérables de constructeurs automobiles mondiaux tels que Renault, qui a établi une usine en 2012, et Stellantis, en 2019. Le soutien gouvernemental, à travers des politiques encourageant la participation du secteur privé et des incitations fiscales, a joué un rôle déterminant dans cette transformation.

Les ventes totales de véhicules en Afrique du Sud ont atteint 596 818 unités en 2025, en hausse de 15,67 % par rapport aux 515 976 unités de 2024, selon l’Association nationale des constructeurs automobiles d’Afrique du Sud (NamSA). Cependant, cette croissance ne suffit pas à compenser le retard pris face à la production marocaine. Les ventes intérieures représentent 408 224 unités, tandis que le reste est constitué d’exportations.

Le Maroc se positionne également comme un pôle émergent pour la production de véhicules électriques (VE). Le pays a commencé à fabriquer son premier VE, l’Opel Rocks-e, en 2021. Le constructeur marocain Neo Motors prévoit de lancer la production du Dial-E, le premier véhicule entièrement conçu et fabriqué localement, en janvier 2026. Tesla, le deuxième plus grand constructeur mondial de véhicules électriques, a également choisi le Maroc comme son premier marché africain.

Outre les contraintes de production et d’énergie, le secteur automobile sud-africain est confronté à des défis géopolitiques et commerciaux croissants. Les tensions diplomatiques avec les États-Unis et certains pays européens suscitent des inquiétudes quant à l’accès aux marchés et à la confiance des investisseurs, en particulier pour les modèles haut de gamme destinés aux réseaux de distribution européens et internationaux.

La disponibilité et le coût de l’énergie constituent un avantage concurrentiel majeur pour le Maroc. Le pays a massivement investi dans les énergies renouvelables, garantissant ainsi un accès à une électricité plus propre et plus abordable. Bien que les combustibles fossiles représentent encore environ 70 % de la production électrique marocaine, cette proportion est en baisse. À l’inverse, la compagnie d’électricité sud-africaine, Eskom, dépend encore fortement des combustibles fossiles (80 à 85 %), et des coupures de courant fréquentes perturbent la production industrielle et augmentent les coûts d’exploitation.

L’Afrique du Sud a tardé à mettre en place des incitations à la production de véhicules utilisant de nouvelles énergies. Un allègement fiscal de 150 % pour les entreprises modernisant leurs installations de fabrication de véhicules électriques ne devrait entrer en vigueur qu’à partir du 1er mars 2026. De plus, le coût élevé des véhicules entièrement électriques et les préoccupations concernant la fiabilité de l’approvisionnement en électricité freinent leur adoption par les consommateurs, même si les ventes de véhicules hybrides sont en augmentation, elles ne représentent toujours que moins de 5 % des ventes totales.

La réussite du Maroc illustre un changement plus large dans le paysage de la fabrication automobile en Afrique, où les pays dotés de relations commerciales stables, de politiques industrielles favorables et d’un approvisionnement énergétique fiable renforcent leur position dans la production automobile mondiale.

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