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L’AICHR exhorte l’ASEAN à intégrer les droits de l’homme dans tous les futurs accords

by Clara Dubois

Publié le 23 octobre 2025 à 23h00. La Commission intergouvernementale des droits de l’homme de l’ASEAN (AICHR) appelle les États membres à intégrer des garanties solides en matière de droits humains dans leurs futures politiques commerciales et de coopération, afin de protéger les populations les plus vulnérables.

  • L’AICHR insiste sur la nécessité de prendre en compte les besoins des petits exploitants, des communautés autochtones et des personnes handicapées.
  • L’organisation met en garde contre des accords commerciaux qui pourraient compromettre l’accès aux biens essentiels comme la nourriture et les médicaments.
  • Elle souligne l’importance d’une approche régionale « dirigée et détenue par l’ASEAN », tout en restant ouverte à l’évolution des normes internationales.

Kuala Lumpur – La Commission intergouvernementale des droits de l’homme de l’ASEAN (AICHR) a exhorté les pays membres de l’organisation à placer les droits humains au cœur de leurs futures stratégies de coopération et de commerce. Cette demande intervient après le 6e dialogue politique entre l’ASEAN et l’Union européenne (UE) sur les droits de l’homme, qui s’est tenu à Kuala Lumpur le 15 octobre dernier.

Selon Edmond Bon, président de l’AICHR, tout développement économique doit impérativement tenir compte des besoins spécifiques des populations les plus fragiles.

« Nous devons nous assurer que les futurs accords – qu’ils portent sur le commerce, les données ou l’environnement – ne reproduisent pas des modèles d’extraction qui profitent aux puissants au détriment des plus vulnérables. »

Edmond Bon, président de la Commission intergouvernementale des droits de l’homme de l’ASEAN

M. Bon a mis en garde contre le risque que les politiques de l’ASEAN soient excessivement influencées par des puissances extérieures, au point de compromettre l’accès financier et l’accès aux besoins fondamentaux des citoyens. Il a souligné que les accords commerciaux ne devraient en aucun cas entraîner une augmentation du coût des produits essentiels, tels que les médicaments ou les denrées alimentaires.

« Les accords commerciaux ne peuvent pas amener nos populations à payer davantage pour des produits essentiels ou des importations comme des médicaments. »

Edmond Bon, président de la Commission intergouvernementale des droits de l’homme de l’ASEAN

Le droit au développement, tel qu’il est défini dans la Déclaration des droits de l’homme de l’ASEAN, doit être considéré à la fois comme un droit individuel et collectif, a insisté M. Bon. Les gouvernements, rappelle-t-il, sont tenus par le droit international des droits de l’homme de réaliser les droits économiques, sociaux et culturels « au maximum de leurs ressources disponibles », et ce de manière progressive.

L’AICHR évalue le respect de ces droits à travers un ensemble de critères, incluant la disponibilité, l’accessibilité, l’adéquation, l’abordabilité et la qualité. M. Bon a illustré ce point en soulignant que l’accès à l’eau n’est pas garanti si les populations doivent parcourir de longues distances pour s’en procurer.

L’organisation s’inquiète également des effets potentiellement négatifs des accords de libre-échange et d’investissement sur les populations les plus pauvres, notamment en matière de sécurité alimentaire, de protection du travail et de santé. Elle met en garde contre le renforcement des monopoles sur les biens essentiels.

M. Bon a également évoqué l’impact de certaines mesures environnementales de l’UE, telles que les ajustements carbone aux frontières, qui pourraient pénaliser les petites entreprises.

« Les mesures environnementales telles que les ajustements carbone aux frontières pèsent sur les petites entreprises, subventionnent et redirigent les revenus vers l’UE. »

Edmond Bon, président de la Commission intergouvernementale des droits de l’homme de l’ASEAN

Tout en reconnaissant l’engagement commun de l’ASEAN et de l’UE en faveur des droits de l’homme, M. Bon a souligné les différences fondamentales entre leurs systèmes juridiques. L’UE s’appuie sur un droit « dur », juridiquement contraignant et supranational, tandis que l’ASEAN privilégie une approche plus flexible, basée sur le consensus et le dialogue, dite « protection adaptative ».

L’AICHR entend maintenir une approche régionale « dirigée et détenue par l’ASEAN », tout en restant ouverte à l’évolution des normes internationales et à la participation de la société civile. M. Bon a conclu en affirmant que la remise en question des normes existantes est essentielle pour garantir leur pertinence continue.

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