Home SantéL’ajout de lurbinectédine améliore la durée de maintenance dans ES-SCLC | Oncologie ciblée

L’ajout de lurbinectédine améliore la durée de maintenance dans ES-SCLC | Oncologie ciblée

by Sophie Martin

Publié le 2026-01-12 22:06:00. Une nouvelle étude clinique confirme l’intérêt de poursuivre un traitement par chimiothérapie après une réponse initiale positive chez les patients atteints d’un cancer du poumon à petites cellules avancé, ouvrant la voie à une meilleure prise en charge de cette forme agressive de la maladie.

  • L’essai IMforte a démontré un bénéfice significatif de l’ajout de lurbinectédine à l’immunothérapie par atezolizumab en traitement d’entretien.
  • L’analyse des sous-groupes révèle une efficacité constante quel que soit le stade de la maladie ou la présence de métastases hépatiques.
  • Bien que des effets secondaires liés à la chimiothérapie soient observés, la durée du traitement et le contrôle de la maladie sont améliorés.

Les résultats de l’essai de phase 3 IMforte (NCT05091567) soulignent l’importance de prolonger l’immunothérapie d’entretien dans le traitement du cancer du poumon à petites cellules de stade étendu (ES-SCLC) en association avec la chimiothérapie par lurbinectédine (Zepzelca). Présentés lors d’une session interactive à Saddle Brook, dans le New Jersey, ces résultats ont été analysés par le Dr Joshua K. Sabari, professeur adjoint à la NYU Grossman School of Medicine de New York, qui a mis en évidence des aspects clés concernant la réponse, la sécurité et l’analyse des différents sous-groupes de patients.

Le Dr Sabari a particulièrement insisté sur la durabilité de la réponse observée, un phénomène rarement constaté dans ce type de cancer. Il a souligné que, même si seulement une minorité de patients bénéficie d’une amélioration durable, l’identification de ces patients pourrait permettre d’optimiser l’utilisation des thérapies disponibles.

Quel que soit le sous-groupe étudié, l’ajout de lurbinectédine s’est avéré bénéfique. Les patients présentant des métastases hépatiques initiales, comme ceux sans métastases, ont tous vu une amélioration. Selon le Dr Sabari, « pour les patients les plus touchés par la maladie, [nous devrions] administrer de la lurbinectédine en entretien, mais on observe également un bénéfice chez les patients dont la charge de morbidité est moindre ». L’association de lurbinectédine et d’atezolizumab a démontré une amélioration globale de l’efficacité du traitement.

L’étude a révélé un taux de réponse tumorale objectif confirmé d’environ 20 % pendant la phase d’entretien, une régression supplémentaire par rapport à la dernière analyse avec lurbinectédine/atézolizumab. Avec l’atezolizumab seul, ce taux n’était que de 10 %. Cependant, le taux de contrôle de la maladie, combinant réponse et stabilité, atteint 75 %. Le Dr Sabari a souligné que la stabilité de la maladie est un indicateur particulièrement important. En comparaison, le traitement par atezolizumab seul présente un taux de contrôle de la maladie plus faible, d’environ 47 %.

L’analyse des traitements ultérieurs reçus par les patients a également mis en évidence des différences significatives. Un plus grand nombre de patients ayant reçu lurbinectédine et atezolizumab ont continué leur traitement par rapport à ceux ayant reçu uniquement de l’atezolizumab (197 sur 242 contre 208 sur 241). De plus, moins de patients du groupe lurbinectédine/atezolizumab ont eu recours à un traitement de suivi à la lurbinectédine après la fin de l’étude (0 contre 9,1 % dans le groupe atezolizumab seul).

En ce qui concerne la sécurité, l’ajout de lurbinectédine a entraîné une augmentation des événements indésirables conduisant à l’arrêt du traitement (6,2 % contre 3,3 %). Cependant, cela s’est accompagné d’une amélioration de la survie sans progression (SSP) et de la survie globale (SG). Les interruptions ou modifications de dose ont été plus fréquentes dans le groupe lurbinectédine/atezolizumab (38 % contre 14 %). Il est important de noter que la durée médiane du traitement a été deux fois plus longue dans le groupe lurbinectédine/atezolizumab (plus de 4 mois contre 2,1 mois).

Les effets secondaires les plus fréquemment observés avec l’ajout de lurbinectédine sont la neutropénie fébrile (2 % contre 0 %) et les réactions à la perfusion (6,6 % contre 5 %). Le Dr Sabari a souligné que ces toxicités sont généralement bien gérables et similaires à celles observées avec la chimiothérapie classique.

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Cet article est la deuxième partie d’une série en deux parties issue d’une table ronde basée sur des cas.

DIVULGATIONS : Le Dr Sabari a précédemment déclaré avoir des liens de consultation ou de conseil avec AbbVie, AstraZeneca, Genentech/Roche, Janssen, Loxo/Eli Lilly and Company, Medscape, Mirati Therapeutics, Pfizer, Regeneron, Sanofi et Takeda Pharmaceuticals, ainsi qu’un soutien institutionnel de Janssen, Loxo/Eli Lilly and Company, Mirati Therapeutics et Regeneron.

RÉFÉRENCES

1. Paz-Ares L, Borghaei H, Liu SV et al. Efficacité et sécurité du traitement d’entretien de première intention par lurbinectédine plus atézolizumab dans le cancer du poumon à petites cellules de stade étendu (IMforte) : un essai de phase 3 randomisé, multicentrique et ouvert. Lancette. 2025;405(10495):2129-2143. doi:10.1016/S0140-6736(25)01011-6

2. Paz-Ares LG, Borghaei H, Liu SV et al. Lurbinectédine (lurbi) + atézolizumab (atezo) en traitement d’entretien (tx) de première intention (1 L) chez les patients (pts) atteints d’un cancer du poumon à petites cellules de stade étendu (ES-SCLC) : principaux résultats de l’essai de phase 3 IMforte. J Clin Oncol. 2025;43(supplément 16):8006. doi:10.1200/JCO.2025.43.16_suppl.8006

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