Home MondeL’Allemagne estime que l’accord UE-Mercosur envoie un “signal important”

L’Allemagne estime que l’accord UE-Mercosur envoie un “signal important”

by Clara Dubois

Publié le 9 janvier 2026 à 11h15. L’Union européenne a donné son feu vert à un accord commercial avec le Mercosur, malgré l’opposition de plusieurs États membres, dont la France et l’Irlande. Cette décision, perçue comme un signal fort face aux politiques commerciales protectionnistes, ouvre la voie à l’un des plus grands accords de libre-échange au monde.

  • Les ambassadeurs de l’UE ont approuvé l’accord UE-Mercosur à la majorité qualifiée.
  • L’Irlande, la France, la Pologne, l’Autriche et la Hongrie se sont opposées à l’accord, tandis que la Belgique s’est abstenue.
  • L’Allemagne salue cet accord comme un message fort en faveur du multilatéralisme.

L’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur (qui regroupe le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay) a été approuvé par les ambassadeurs des États membres de l’UE, malgré des dissensions importantes. Cette décision, obtenue grâce à une majorité qualifiée – soit au moins 15 États membres représentant 65 % de la population de l’UE – marque une étape cruciale dans un processus de négociation long et complexe. L’Italie a notamment apporté son soutien décisif, permettant de franchir la ligne d’arrivée.

Plusieurs pays, dont la France, l’Irlande, la Pologne, l’Autriche et la Hongrie, ont exprimé leur opposition à cet accord. L’Irlande, en particulier, a suscité la déception de certains milieux européens, étant donné son image traditionnelle d’économie orientée vers l’exportation. Selon des sources européennes, le gouvernement irlandais n’aurait pas été disposé à approuver les concessions faites au secteur agricole et n’aurait pas su mettre en avant les avantages potentiels de l’accord pour d’autres secteurs de son économie.

Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a salué cette approbation, affirmant :

« Alors que d’autres se ferment et mènent des politiques commerciales de plus en plus agressives, nous nous concentrons sur de nouveaux partenariats. »

Lars Klingbeil, ministre allemand des Finances

Cette déclaration fait écho à la volonté de l’UE de promouvoir un système commercial fondé sur des règles, en particulier dans un contexte marqué par le retour de politiques protectionnistes et le bouleversement des normes commerciales mondiales, notamment avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

L’accord vise à diversifier les échanges commerciaux du Mercosur, qui cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis. Il représente le plus grand accord de libre-échange jamais négocié par l’UE, réunissant deux des plus importants marchés mondiaux en termes de population et de volume d’échanges.

Cependant, cet accord suscite de vives inquiétudes parmi les groupes environnementaux et les agriculteurs européens, qui craignent une concurrence accrue de la part des importations de bœuf et de volaille à moindre coût. Des préoccupations spécifiques sont soulevées concernant l’importation de bœuf aux hormones et de produits contaminés aux antibiotiques. La Commission européenne a toutefois assuré que ces produits resteraient interdits sur le territoire européen et que les contrôles sanitaires et phytosanitaires seraient renforcés aux points d’entrée de l’UE.

Des manifestations d’agriculteurs ont déjà eu lieu, notamment en France, où des routes ont été bloquées pour protester contre cet accord. Plus d’informations sur les positions des différents pays.

Pour en savoir plus sur l’impact de cet accord sur les consommateurs irlandais, consultez cet article.

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