L’ancienne avocate personnelle de Donald Trump, Alina Habba, a quitté ses fonctions de procureure américaine par intérim pour le New Jersey, le 8 décembre 2025, après une décision de justice invalidant sa nomination. Cette décision fait suite à une contestation légale concernant la durée de son mandat.
Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, Mme Habba a dénoncé une décision motivée par des considérations politiques, tout en affirmant qu’elle démissionnait afin de « protéger la stabilité et l’intégrité » de son poste. Elle a toutefois ajouté, avec fermeté : « Ne confondez pas respect et reddition. » L’administration américaine a annoncé son intention de poursuivre l’appel de cette décision, estimant qu’elle ne compromettrait ni le ministère de la Justice, ni sa propre position.
Mme Habba fait partie d’un groupe d’avocats américains nommés par l’administration Trump dont les nominations ont été contestées en justice. Les contestations portent sur le fait qu’ils ont occupé des postes temporaires au-delà de la durée autorisée par la loi.
Elle conservera un rôle au sein du ministère de la Justice en tant que conseillère principale de la procureure générale des États-Unis, Pam Bondi. Ses fonctions de procureure par intérim seront temporairement assurées par trois autres procureurs fédéraux.
Âgée de 41 ans, Mme Habba avait été nommée en mars dernier à ce poste clé, responsable de l’application du droit pénal et civil fédéral dans le New Jersey. Avant cela, elle était connue pour être l’une des avocates les plus visibles de Donald Trump, le défendant devant les tribunaux et apparaissant régulièrement dans les médias.
Son manque d’expérience en tant que procureure et son engagement partisan avaient suscité des critiques. Les deux sénateurs démocrates du New Jersey avaient d’ailleurs annoncé qu’ils s’opposeraient à sa confirmation par le Sénat.
Mme Habba avait notamment déposé une plainte pour intrusion, finalement abandonnée, contre le maire démocrate de Newark, suite à une visite dans un centre de détention pour immigrants. Elle avait également accusé une représentante démocrate américaine d’avoir agressé un agent fédéral lors du même incident, accusation contestée par l’élue.
Interrogé sur la démission de Mme Habba, Donald Trump a critiqué le Sénat pour sa pratique consistant à bloquer les nominations de candidats opposés par les sénateurs de l’État concerné. « C’est une chose horrible. Cela rend impossible la nomination d’un juge ou d’un avocat américain », a-t-il déclaré à la presse.
Le mandat de Mme Habba était arrivé à expiration en juillet dernier. Un panel de juges fédéraux avait alors nommé l’un de ses subordonnés, mais Mme Bondi avait immédiatement révoqué cette nomination, imputant la situation aux « juges à l’esprit politique ». La décision d’un tribunal inférieur jugeant la nomination de Mme Habba illégale avait entraîné une impasse juridique de plusieurs mois, perturbant le fonctionnement du système judiciaire fédéral du New Jersey.
La cour d’appel fédérale de Philadelphie a finalement confirmé cette décision plus tôt ce mois-ci, estimant que « les citoyens du New Jersey et les employés du bureau du procureur américain méritent une certaine clarté et stabilité ».
Les détracteurs de Donald Trump dénoncent une stratégie consistant à exploiter des failles juridiques pour placer des personnes loyales, mais potentiellement incompétentes, à des postes clés.
Mme Bondi a affirmé que Mme Habba pourrait retrouver son poste de procureure américaine si les appels de l’administration aboutissaient. « Ces juges ne devraient pas être en mesure d’annuler le choix par le président des avocats chargés de faire respecter la loi », a-t-elle déclaré.
D’autres nominations de procureurs américains par l’administration Trump ont également été contestées, notamment en Virginie, au Nevada, à Los Angeles et dans le nord de l’État de New York. Dans plusieurs cas, des juges ont invalidé des poursuites pénales ou disqualifié les procureurs par intérim en raison de la durée excessive de leur mandat.
