Publié le 20 octobre 2025 23:12:00. Une étude de phase III présentée au congrès de l’ESMO 2025 à Berlin a révélé que l’association de buparlisib et de paclitaxel n’apporte pas d’amélioration significative de la survie globale chez les patients atteints d’un carcinome épidermoïde de la tête et du cou récidivant ou métastatique, déjà traités par des inhibiteurs de PD-1/PD-L1.
- L’essai BURAN n’a pas démontré d’amélioration de la survie globale avec l’ajout de buparlisib au paclitaxel par rapport au paclitaxel seul.
- Un taux de réponse global numériquement plus élevé a été observé avec la combinaison, mais sans impact sur la survie sans progression.
- Des analyses translationnelles sont prévues pour identifier d’éventuels sous-groupes de patients susceptibles de bénéficier de cette association.
Les résultats de l’essai de phase III BURAN (NCT04338399) ont été présentés lors du congrès de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO) qui se tient à Berlin du 17 au 21 octobre 2025. L’étude portait sur le carcinome épidermoïde de la tête et du cou (CEPC) récidivant ou métastatique, une forme de cancer particulièrement agressive, chez des patients ayant déjà reçu un traitement par des inhibiteurs de PD-1/PD-L1, une classe d’immunothérapie.
Selon les données présentées, la survie globale médiane était de 9,6 mois avec la combinaison buparlisib et paclitaxel, contre 9,7 mois avec le paclitaxel seul (ratio de risque [HR] : 1,02 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,83-1,26 ; P = 0,85). Le buparlisib est un inhibiteur oral de pan-PI3K, ciblant les quatre isoformes de classe I PI3K, une voie de signalisation impliquée dans la croissance et la survie des cellules cancéreuses.
« Le bras combiné buparlisib plus paclitaxel présente un taux de réponse global numériquement plus élevé, mais il n’y a pas eu d’augmentation de la survie sans progression par rapport au bras recevant uniquement du paclitaxel »,
Denis Souliéres, professeur titulaire de médecine à l’Université de Montréal, Canada
Le professeur Souliéres a souligné que des analyses plus approfondies des données translationnelles seraient menées pour déterminer si certains sous-groupes moléculaires pourraient tirer profit de cette combinaison thérapeutique. Des résultats antérieurs, notamment l’essai de phase 2 BERIL-1, avaient suggéré un bénéfice en termes de survie sans progression (SSP) et de survie globale avec l’association buparlisib et paclitaxel chez des patients ayant progressé après un traitement initial à base de platine. Souliéres et al., 2017
L’essai BURAN a inclus 487 patients répartis aléatoirement selon un ratio de 2:1 pour recevoir soit du buparlisib à 100 mg une fois par jour associé au paclitaxel à 80 mg/m2 aux jours 1, 8 et 15 tous les 3 semaines, soit du paclitaxel seul à la même posologie. Les patients devaient présenter un CEPC récidivant ou métastatique, avoir déjà reçu un inhibiteur de PD-1/PD-L1 en situation de récidive ou de métastase, et avoir un indice de performance ECOG de 0 ou 1.
Les facteurs de stratification incluaient le statut vis-à-vis du virus du papillome humain (VPH). 29,8 % des patients étaient positifs au VPH. La majorité des participants étaient des hommes (80,3 %) et d’origine caucasienne (63,4 %), avec un âge médian de 61,5 ans.
En termes de sécurité, les événements indésirables de grade 3 ou plus étaient plus fréquents dans le bras combiné (87,5 %) que dans le bras paclitaxel seul (59,4 %). Les principaux motifs d’arrêt du traitement étaient la progression de la maladie et les effets indésirables.
L’étude n’a pas identifié de facteur prédictif clair de réponse à la combinaison buparlisib-paclitaxel, à l’exception d’un possible avantage chez les patients atteints d’un cancer de l’oropharynx VPH-positif (HR, 0,73 ; IC à 95 %, 0,46-1,17). Les patients nord-américains ont également présenté une survie globale significativement plus élevée avec la combinaison (HR, 0,46 ; IC à 95 %, 0,29-0,73) par rapport aux patients d’Asie-Pacifique (HR, 1,05 ; IC à 95 %, 0,73-1,52) et aux patients européens (HR, 1,39 ; IC à 95 %, 1,02-1,89).
« Il y avait plus de patients nord-américains positifs au VPH par rapport à ce que nous avons vu en Asie et en Europe, mais je rappelle que la positivité au VPH ne s’est pas spécifiquement traduite par une OS dans l’analyse globale »,
Denis Souliéres, professeur titulaire de médecine à l’Université de Montréal, Canada
Le professeur Souliéres a conclu que les patients atteints de CEPC réfractaires à l’immunothérapie représentent une population présentant d’importants besoins non satisfaits.
Références
- Souliéres D, et al. BURAN : Une étude de phase III sur le buparlisib (BUP) plus le paclitaxel (PAC) chez des patients atteints d’un carcinome épidermoïde de la tête et du cou (HNSCC) récurrent/métastatique (R/M) prétraité par PD-1(PD-L1). Présenté au : Congrès ESMO 2025 ; 17-21 octobre 2025 ; Berlin, Allemagne. Résumé LBA48.
- Zambrano Cruz C, Schuler MH, Machiels J-PH et al. Étude de phase lb sur le buparlisib (BKM120) plus soit du paclitaxel (PTX) dans les tumeurs solides avancées (aST) soit du PTX plus trastuzumab (TZ) dans le cancer du sein HER2+ (BC).J Clin Oncol. 2014;32(15 supplément) :627.
- Souliéres D, Faivre S, Mesía R, et al. Buparlisib et paclitaxel chez les patients atteints d’un carcinome épidermoïde de la tête et du cou métastatique ou récurrent prétraité au platine (BERIL-1) : un essai de phase 2 randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo. Lancette Oncol. 2017;18(3):323-335.
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