Les marchés financiers sont en ébullition après que le ministre japonais des Finances ait exprimé des doutes sur la pérennité de la politique économique dite « Abenomics ». Cette volte-face a entraîné une forte aversion au risque, affectant notamment le yen et les places boursières asiatiques.
Lors d’une conférence de presse, Katsunobu Kato a souligné la nécessité d’une nouvelle stratégie économique pour le Japon, plus adaptée à la conjoncture actuelle marquée par l’inflation, contrairement à la déflation qui a caractérisé l’ère Abenomics. Ses propos laissent entrevoir un possible abandon de l’approche de relance massive initiée par l’ancien Premier ministre Shinzo Abe.
Cette position contraste avec celle de Sanae Takaichi, la nouvelle dirigeante du Parti libéral-démocrate (PLD) et fervente défenseure de la politique d’Abe. Sa nomination avait initialement dopé les actions japonaises et affaibli le yen, les marchés anticipant la poursuite des mesures de relance et une faible probabilité de hausse des taux d’intérêt par la Banque du Japon (BoJ). Les déclarations de Kato soulèvent donc des interrogations quant à la cohérence des politiques budgétaire et monétaire sous la direction de Takaichi, alors qu’elle peine à former un gouvernement.
L’Abenomics, lancée en 2013, visait à relancer l’économie japonaise après des années de stagnation. Elle reposait sur trois piliers principaux : un assouplissement monétaire agressif pour lutter contre la déflation, des dépenses publiques flexibles pour stimuler la croissance et des réformes structurelles pour améliorer la productivité. Si cette stratégie a contribué à faire remonter les prix des actifs et à briser le cycle déflationniste, elle a également laissé le Japon avec une dette publique considérable, l’une des plus élevées parmi les démocraties occidentales, et des progrès limités en matière de réformes.
L’impact de ces incertitudes s’est immédiatement fait sentir sur les marchés des changes. Le dollar australien (AUD/USD) a particulièrement souffert, glissant à la suite des baisses observées sur les marchés boursiers asiatiques, européens et nord-américains. La paire AUD/USD a testé un support à 0,6465, et une cassure de ce niveau pourrait entraîner une baisse vers 0,6419, puis 0,6374. À l’inverse, un rebond pourrait être envisagé autour de 0,6521, niveau coïncidant avec le plus bas du 26 septembre.
Par ailleurs, l’indice US Tech 100 a également connu une forte inversion de tendance après avoir été rejeté à la résistance de 24 750. Bien que la tendance haussière actuelle ne soit pas encore menacée, ce repli suggère un possible retour vers le plus bas de vendredi à 24 000, où se situe l’intersection de la moyenne mobile sur 50 jours et d’un support horizontal. Les indicateurs techniques, tels que le RSI (14) et le MACD, signalent une diminution de la force haussière, incitant à la prudence.
