Publié le 2024-10-27 14:35:00. Les violations de données sont en forte augmentation en France, avec près de 13 incidents signalés chaque jour à la CNIL. Face à cette menace croissante, le chiffrement des données apparaît comme une mesure de protection essentielle, mais sa mise en œuvre reste un défi pour de nombreuses entreprises.
- En 2024, la CNIL a recensé 5 629 violations de données, soit une hausse de 20 % par rapport à l’année précédente.
- Les cybercriminels utilisent des techniques de plus en plus sophistiquées, comme l’interception de communications (« Man-in-the-Middle ») et l’exploitation de failles de sécurité.
- Le chiffrement de bout en bout est recommandé pour garantir la confidentialité des données, même en cas de transfert vers le cloud ou de compromission des systèmes.
La protection des données est devenue une priorité pour les entreprises, sous l’impulsion de réglementations comme le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). Cependant, la simple conformité ne suffit plus. Il est crucial de développer une véritable culture de la sécurité et de mettre en place des mesures efficaces pour contrer les cyberattaques, de plus en plus fréquentes et complexes.
Depuis 2022, la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a enregistré plus de 14 000 notifications de violations de données. Cette tendance alarmante est confirmée par les chiffres de 2024, qui font état de 5 629 incidents signalés à l’agence, une augmentation de 20 % par rapport à l’année précédente. L’analyse de ces violations révèle que les cybercriminels s’attaquent principalement aux identifiants de connexion des employés et partenaires, exploitent les vulnérabilités des systèmes d’information ou interceptent les communications.
Une tactique courante consiste à s’interposer discrètement entre deux interlocuteurs qui pensent communiquer directement entre eux, une technique connue sous le nom d’attaque « Man-in-the-Middle » (MiTM). Cette intrusion permet aux attaquants de voler des informations sensibles, des identifiants et des messages. Pour contrer ces menaces, il est impératif de renforcer la sécurité des réseaux d’entreprise et de mettre en œuvre des solutions pour minimiser l’impact des intrusions.
Le chiffrement : une protection indispensable
Le chiffrement des données consiste à les rendre illisibles pour les personnes non autorisées. Seule une clé de déchiffrement permet de restaurer leur contenu original. Pour une protection optimale, il est recommandé de chiffrer les données de bout en bout, garantissant ainsi leur confidentialité, même lors de leur transfert vers un stockage externe, comme le cloud.
Certaines entreprises rencontrent des difficultés à mettre en œuvre elles-mêmes des solutions de chiffrement et délèguent cette responsabilité à leurs fournisseurs d’applications ou de services cloud. Des applications populaires comme WhatsApp ou Google Workspace intègrent des systèmes de chiffrement, souvent appliqués côté serveur (« chiffrement au repos »). Cependant, cette approche présente des limites, car elle implique de confier les clés d’accès à des tiers. En cas de compromission de ces clés, le risque pour la sécurité des données est considérablement accru. Il est donc essentiel pour les organisations de conserver le contrôle de leurs clés de déchiffrement, afin de garantir une visibilité totale sur l’accès à leurs informations sensibles.
La CNIL définit les données sensibles comme des informations révélant l’origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques, l’appartenance syndicale, les données génétiques et biométriques, les informations relatives à la santé, ou encore la vie sexuelle ou l’orientation sexuelle d’une personne.
« Une catégorie particulière de données personnelles… particulièrement fortement réglementée, notamment via le RGPD. »
CNIL
Ces données, soumises à une réglementation stricte, ne doivent jamais être stockées en clair sur les serveurs.
Trop souvent, la cybersécurité, et notamment le chiffrement, est sacrifiée au nom de la simplicité. Pourtant, il serait impensable de laisser sa porte d’entrée ouverte par commodité. Le même principe s’applique à la sécurité des données. Heureusement, des solutions simples et de bout en bout existent, sans compromettre l’interopérabilité ni la facilité d’utilisation.
L’informatique quantique : un défi pour l’avenir
L’informatique quantique, bien qu’encore en développement, représente une menace potentielle pour la sécurité des données actuelles. Les cybercriminels pourraient acquérir la capacité de déchiffrer les données cryptées aujourd’hui, en les stockant et en attendant que la technologie quantique devienne suffisamment mature. Cette stratégie, appelée « stocker maintenant, décrypter plus tard », est déjà observée par l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI).
Il est donc crucial pour les organisations de se préparer dès maintenant à cette nouvelle réalité. L’adoption d’un système de chiffrement simple et de bout en bout est une première étape essentielle, non seulement pour protéger les données actuelles, mais aussi pour anticiper les défis de la cybersécurité de demain. Lorsque les technologies quantiques et post-quantiques seront devenues omniprésentes, il sera trop tard pour se protéger. Il est donc impératif de commencer dès aujourd’hui à réfléchir à la protection des données et au chiffrement.
À lire aussi
