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Le bilan des inondations et des glissements de terrain de Sumatra s’élève à 712 morts

by Nicolas Lefèvre

Publié le 2 décembre 2025 16h44. Les inondations et glissements de terrain qui frappent depuis une semaine les provinces d’Aceh, de Sumatra Nord et de Sumatra Ouest ont fait grimper le nombre de victimes à plus de 700 morts, tandis que des millions de personnes sont touchées par cette catastrophe naturelle dévastatrice.

  • Le bilan provisoire s’élève à 712 décès et 507 personnes portées disparues.
  • Les pertes économiques sont estimées à 4,13 milliards de dollars (68 670 milliards de roupies).
  • Des experts pointent du doigt la déforestation massive comme facteur aggravant de la catastrophe.

L’Indonésie est confrontée à une crise humanitaire majeure après des pluies torrentielles qui ont provoqué des crues soudaines et des glissements de terrain dans plusieurs régions de Sumatra. L’Agence nationale d’atténuation des catastrophes (BNPB) a annoncé mardi après-midi que le nombre de décès a atteint 712, avec 507 personnes toujours recherchées. Les opérations de secours sont rendues difficiles par l’isolement de nombreux villages reculés.

La province d’Aceh est la plus touchée, avec 218 décès et 227 disparus. Sumatra Nord compte 301 morts et 163 personnes portées disparues, tandis que Sumatra Ouest déplore 193 décès et 117 disparus. Au total, plus de 2 564 personnes ont été blessées dans les trois provinces, et plus de 3,3 millions d’habitants sont affectés par les conséquences de cette catastrophe, l’une des plus meurtrières que l’Indonésie ait connues ces dernières années.

Selon le BNPB, une cinquantaine de districts et municipalités ont été frappés par les inondations et les glissements de terrain, causant des dommages considérables aux habitations, aux infrastructures routières et aux ponts. Des milliers de maisons sont gravement endommagées, et de nombreux villages sont coupés du monde.

L’impact économique de la catastrophe est également considérable. Le Centre d’études économiques et juridiques (Celios) estime les pertes à 68 670 milliards de roupies (4,13 milliards de dollars). Ces pertes incluent les dommages aux logements, aux ponts, aux terres agricoles et aux infrastructures, ainsi que la perte de revenus des ménages. Celios a détaillé ses calculs : 30 millions de roupies par maison endommagée, 1 milliard de roupies par pont détruit, des pertes de revenus basées sur le salaire journalier moyen multiplié par 20 jours de travail, et des pertes agricoles évaluées à 6 500 roupies par kilogramme de riz, en tenant compte des rendements habituels.

Les experts de Celios préviennent que l’ampleur des destructions pourrait freiner la reprise économique régionale et exercer une pression supplémentaire sur les budgets déjà tendus des gouvernements locaux.

Au-delà des facteurs météorologiques extrêmes, l’organisation environnementale Walhi met en évidence le rôle de la déforestation dans l’aggravation de la catastrophe. Selon Walhi, la conversion massive des terres a fragilisé la résilience écologique de la région.

« Notre analyse montre qu’Aceh, Sumatra Nord et Sumatra Ouest ont perdu environ 1,4 million d’hectares de forêt entre 2016 et 2024. »

Uli Arta Siagian, responsable de la campagne Forêts et plantations de Walhi

Walhi souligne que les trois provinces abritent 631 permis d’exploitation liés à des industries extractives ou à des activités nécessitant de vastes surfaces de terres, notamment l’exploitation minière, les plantations de palmiers à huile à grande échelle, les concessions d’utilisation forestière (PBPH) et les grands projets hydroélectriques comme celui de Batang Toru.

« Ces entreprises opèrent dans les mines, les plantations de monoculture, les concessions PBPH et les industries énergétiques à grande échelle. Les conditions écologiques dans ces provinces sont devenues extrêmement fragiles. »

Uli Arta Siagian, responsable de la campagne Forêts et plantations de Walhi

Selon Walhi, la déforestation et la conversion des terres sont les principales causes de la vulnérabilité de la région. Les précipitations et les cyclones ne sont que des facteurs déclencheurs, mais le système écologique est déjà en état de fragilité.

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