Les erreurs médicamenteuses sont une cause majeure d’hospitalisations et engendrent des coûts considérables pour le système de santé australien. Un nouveau guide, publié par la Commission australienne sur la sécurité et la qualité des soins de santé, vise à réduire ces incidents en améliorant la gestion des médicaments lors des transitions de soins, ces moments critiques où les patients passent d’un établissement à l’autre.
Selon les estimations, 250 000 hospitalisations par an en Australie sont liées à des erreurs médicamenteuses, représentant un coût d’environ 1,4 milliard de dollars australiens. Plus de la moitié de ces erreurs surviennent précisément lors des changements de prise en charge du patient.
Le cadre proposé met l’accent sur l’identification des patients les plus à risque, notamment les personnes âgées de plus de 65 ans, celles qui prennent cinq médicaments ou plus, celles sous traitement médicamenteux à haut risque, et celles suivies par plusieurs prescripteurs. Il préconise une approche structurée, incluant une réconciliation médicamenteuse complète, des revues régulières des traitements, et une planification anticipée du suivi après la sortie de l’hôpital.
« Les professionnels de santé hospitaliers ont une réelle opportunité d’adopter ce nouveau cadre et de renforcer la communication avec les médecins traitants et les services de soins aux personnes âgées », explique le Dr Holdenson Kimura, conseiller médical de la Commission et médecin généraliste. « De nombreux hôpitaux parviennent déjà à limiter les risques d’erreurs médicamenteuses, mais ce guide offre un outil pour améliorer et harmoniser les pratiques. »
Le cadre est conçu pour s’intégrer aux systèmes existants et améliorer la gouvernance des médicaments, la communication interprofessionnelle et le suivi post-hospitalier, en particulier pour les patients vulnérables. Les services d’urgence sont également encouragés à identifier rapidement les patients à risque et à prioriser la revue de leurs traitements tout au long de leur séjour.
« Dans ma pratique, nous sollicitons systématiquement un échange téléphonique avec le médecin traitant ou l’infirmière praticienne avant qu’un patient ne retourne sous leurs soins », témoigne le Dr Kimura. « Cela permet de discuter des éventuels changements de traitement et je m’assure de revoir le patient peu après sa sortie pour minimiser les risques. »
Le Dr Kimura souligne l’efficacité des programmes de gestion des antimicrobiens déjà mis en place dans de nombreux hôpitaux, qui promeuvent une utilisation raisonnée de ces médicaments. Il espère que ce nouveau cadre de gestion des médicaments sera adopté de la même manière, en s’inspirant également des modèles existants pour les opioïdes, afin d’améliorer la qualité des soins.
L’utilisation d’outils numériques est également considérée comme essentielle pour exploiter pleinement le potentiel du cadre. Cependant, le Dr Kimura insiste sur la nécessité d’une interopérabilité entre ces outils pour garantir une communication précise et rapide. Il préconise notamment des systèmes numériques transparents et accessibles à tous les membres de l’équipe soignante, ainsi que la transmission automatique et sécurisée de résumés de sortie électroniques standardisés vers le dossier médical partagé du patient, tel que Mon dossier de santé.
Le cadre a été élaboré dans le cadre de la participation de l’Australie au défi mondial pour la sécurité des patients de l’Organisation mondiale de la santé : des médicaments sans danger et est accessible ici.