Publié le 13 décembre 2023. Le chef de la junte birmane a admis mercredi que les élections générales prévues à partir de fin décembre ne pourront pas se tenir dans tout le pays, en raison de la guerre civile qui ravage le Myanmar depuis le coup d’État de 2021.
- Min Aung Hlaing reconnaît publiquement pour la première fois l’impossibilité d’organiser des élections inclusives à l’échelle nationale.
- Seis partis politiques remplissent les critères stricts imposés par la junte pour participer au scrutin.
- L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) doit discuter de l’invitation à envoyer des observateurs électoraux lors de son prochain sommet.
Cette reconnaissance intervient quelques jours après une rencontre avec le ministre malaisien des Affaires étrangères et à la veille d’un sommet de l’ASEAN, dont la Malaisie assure actuellement la présidence. Elle marque un revirement notable dans la communication de la junte, qui avait jusqu’à présent présenté ces élections comme un pas vers la restauration de la démocratie.
Selon Min Aung Hlaing, les élections ne pourront être organisées à 100% sur le territoire birman.
« Nous ne pouvons pas organiser des élections partout à 100% »,
Min Aung Hlaing, chef de la junte birmane
Il a toutefois précisé que des élections partielles suivraient dans certaines régions après la formation d’un nouveau gouvernement. La junte a pu réaliser un recensement complet et établir des listes électorales dans seulement 145 des 330 townships du pays, selon un rapport de décembre qui estime la population totale du Myanmar à 51,3 millions d’habitants.
Les critères d’éligibilité pour les partis politiques sont particulièrement restrictifs. Ils doivent justifier d’un minimum de 50 000 membres et de 100 millions de kyats (47 762,33 dollars américains) de fonds. En conséquence, seuls six partis remplissent les conditions pour se présenter aux élections nationales. De nombreux partis anti-junte sont interdits ou ont choisi de boycotter le scrutin, qu’ils considèrent comme une mascarade destinée à légitimer le régime militaire.
Le Myanmar est plongé dans le chaos depuis le coup d’État de février 2021, qui a renversé le gouvernement civil élu d’Aung San Suu Kyi. Ce coup d’État a déclenché une rébellion armée à l’échelle nationale, avec des affrontements entre l’armée et divers groupes de résistance, qui ont pris le contrôle de vastes zones du territoire. Les pays occidentaux et de nombreux observateurs internationaux dénoncent régulièrement la situation des droits de l’homme au Myanmar et exigent la libération des prisonniers politiques.
La junte a invité les pays membres de l’ASEAN – Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam – à envoyer des observateurs pour les élections prévues à partir du 28 décembre et qui se dérouleront par étapes jusqu’en janvier. Cette demande sera à l’ordre du jour du sommet de l’ASEAN prévu plus tard ce mois-ci.
