Publié le 7 janvier 2024 à 12h04. L’Iran a menacé une riposte militaire face à ce qu’il considère comme des provocations verbales, notamment de la part des États-Unis, alors que le pays est secoué par des manifestations de grande ampleur liées à la crise économique.
- Le chef de l’armée iranienne a averti qu’une action préventive pourrait être envisagée en réponse à des « rhétoriques » hostiles.
- Téhéran a annoncé une aide financière limitée aux familles pour atténuer l’impact de l’inflation galopante, mais les prix continuent de grimper.
- Les manifestations, qui durent depuis plus d’une semaine, reflètent un mécontentement croissant face à la situation économique et à la répression politique.
Les tensions s’intensifient entre l’Iran et les États-Unis, exacerbées par les commentaires du président américain Donald Trump promettant de soutenir les manifestants iraniens en cas de répression violente. Le général de division Amir Hatami, chef de l’armée iranienne (Artesh), a réagi fermement, qualifiant ces déclarations de menace et promettant une réponse décisive.
« La République islamique considère l’intensification d’une telle rhétorique contre la nation iranienne comme une menace et ne laissera pas cette rhétorique sans réponse », a déclaré Hatami, cité par l’agence de presse officielle IRNA. Il a ajouté que les forces armées iraniennes étaient « bien plus préparées » qu’auparavant et qu’un agresseur subirait une « réponse plus décisive ».
Cette escalade verbale intervient alors que l’Iran est confronté à une double pression : les sanctions économiques internationales et les protestations internes. Les manifestations actuelles, qui ont débuté le 28 décembre, se sont propagées à plus de 280 sites dans 27 des 31 provinces iraniennes, témoignant d’un mécontentement généralisé. Selon l’agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency, au moins 36 personnes ont été tuées dans les affrontements, dont 30 manifestants, quatre enfants et deux membres des forces de sécurité.
Pour tenter d’apaiser la colère populaire, le gouvernement iranien a annoncé le versement d’une subvention équivalant à 7 dollars (environ 6,50 euros) par mois aux chefs de famille, soit 10 millions de rials iraniens. Cependant, cette aide, bien que supérieure aux 4,5 millions de rials versés auparavant, semble insuffisante face à l’inflation galopante. Les médias iraniens signalent déjà une forte augmentation des prix des produits de base, notamment de l’huile de cuisson, de la volaille et du fromage.
Le vice-président iranien chargé des affaires exécutives, Mohammad Jafar Ghaempanah, a qualifié la situation de « guerre économique à part entière » et appelé à une « chirurgie économique » pour lutter contre la corruption et les politiques rentières.
Les commentaires de Trump ont également suscité des réactions de la part des responsables iraniens, dont le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. L’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro, allié de longue date de Téhéran, par les forces américaines ce week-end a également contribué à la tension régionale. L’Iran est confronté à une série de manifestations à l’échelle nationale, aggravées par des sanctions renforcées et les difficultés économiques qui ont suivi la guerre de juin avec Israël.
Pour l’heure, aucun signe public ne laisse présager une attaque imminente de l’Iran dans la région.
À lire aussi
