Home SantéLe chewing-gum à base de haricots réduit 95 % des infections par la grippe et l’herpès

Le chewing-gum à base de haricots réduit 95 % des infections par la grippe et l’herpès

by Sophie Martin

Publié le 26 octobre 2025 à 15h01. Des chercheurs explorent une approche innovante pour lutter contre les virus, en utilisant un chewing-gum enrichi d’une protéine antivirale naturelle extraite d’un haricot commun, avec des résultats prometteurs contre l’herpès et la grippe.

  • Un chewing-gum à base de haricots lablab pourrait réduire la charge virale de plus de 95 %.
  • La protéine antivirale FRIL, présente dans ces haricots, empêche les virus de s’attacher aux cellules humaines.
  • Des recherches sont en cours pour évaluer l’efficacité de cette approche contre la grippe aviaire.

Face à la menace constante des maladies infectieuses, exacerbée par la mondialisation et la facilité des déplacements, une équipe scientifique propose une solution originale et potentiellement peu coûteuse : un chewing-gum thérapeutique. Cette approche novatrice, basée sur une protéine antivirale naturelle, pourrait constituer une nouvelle arme dans la lutte contre divers virus, du virus de l’herpès à la grippe.

Selon une étude publiée dans la revue Molecular Therapy, ce chewing-gum est enrichi en FRIL (Fabaceae lectin with inhibitory activity on viruses), une lectine – un type de protéine qui se lie à des sucres spécifiques – extraite du haricot lablab (Lablab cramoisi). Cette légumineuse, connue sous divers noms au Brésil – oreille turque, oreille de prêtre, gousse d’oreille de prêtre, haricot pierre, haricot cabrocusso, pois et pois pauvre – produit naturellement cette protéine capable de piéger les virus.

Le principe repose sur la capacité de la protéine FRIL à reconnaître et à se lier aux structures glycoprotéiques présentes à la surface de certains virus, bloquant ainsi leur capacité à infecter les cellules humaines. Les chercheurs ont constaté que cette méthode est particulièrement efficace pour les virus qui se transmettent principalement par la bouche, plutôt que par le nez.

L’idée de développer un chewing-gum antiviral est née fin 2021, lorsque l’équipe du Dr. Henry Daniell, de l’École de médecine dentaire de l’Université de Pennsylvanie, cherchait une solution abordable pour lutter contre le Covid-19. Encouragés par les premiers résultats, ils ont ensuite élargi leurs recherches à d’autres virus, notamment deux souches du virus de l’herpès simplex (HSV-1 et HSV-2) et deux souches de grippe A (H1N1 et H3N2). L’Organisation Mondiale de la Santé estime qu’une personne adulte sur cinq est atteinte d’une infection par le virus de l’herpès génital.

Les tests en laboratoire ont révélé des résultats impressionnants : seulement 40 mg de FRIL, contenu dans un comprimé de deux grammes, ont permis de réduire la charge virale de plus de 95 %. Ce résultat est comparable à celui obtenu lors des tests initiaux contre le SARS-CoV-2. Les chercheurs soulignent que la protéine conserve son activité biologique même après avoir été transformée, stockée, mâchée et mélangée aux enzymes salivaires.

« Ces observations sont un bon signe pour évaluer la gomme de haricot dans des études cliniques sur l’homme afin de minimiser l’infection/la transmission du virus »,

Henry Daniell, auteur principal de l’étude

La fabrication du chewing-gum a été réalisée conformément aux normes de la Food and Drug Administration (FDA) américaine. Des tests en simulateur de mastication ont confirmé l’efficacité de la libération de la protéine FRIL, avec plus de 50 % de libération en 15 minutes, sans effets toxiques ni interactions négatives.

Parallèlement, l’équipe du Dr. Daniell étudie l’utilisation de la poudre de haricot lablab pour lutter contre la grippe aviaire, qui a récemment touché 54 millions d’oiseaux en Amérique du Nord et provoqué des infections humaines aux États-Unis et au Canada. Des études antérieures ont démontré que la poudre de FRIL pouvait neutraliser les virus H5N1 et H7N9, responsables d’épidémies de grippe aviaire chez les oiseaux et les humains.

L’objectif est de tester l’ajout de cette poudre à l’alimentation des volailles afin de contrôler la propagation du virus dans les élevages. Cette approche pourrait réduire l’impact économique et sanitaire de la maladie, tout en contribuant à la sécurité alimentaire mondiale. Si elle s’avère efficace, cette initiative pourrait offrir une solution durable et abordable pour contenir les épidémies et réduire la dépendance aux antiviraux traditionnels.

« Une protéine antivirale à large spectre (FRIL) présente dans un produit alimentaire naturel (poudre de haricot) pour neutraliser non seulement les virus de la grippe humaine mais également la grippe aviaire est une innovation opportune pour prévenir leur infection et leur transmission », conclut le Dr. Daniell.

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