Publié le 2024-02-29. Le secteur du commerce de gros, pilier de l’économie française avec 160 000 entreprises et un million d’emplois, dévoile un plan ambitieux pour réduire son empreinte carbone d’ici 2030, conciliant performance économique et transition énergétique.
- D’ici 2030, la part des poids lourds électriques devrait atteindre 15 à 25 % du parc, tandis que les véhicules utilitaires légers électriques progresseraient de 1,5 % à 20-40 %.
- La CGF (Confédération Générale des Fabricants) plaide pour un cadre réglementaire clair et stable, ainsi qu’un mix énergétique diversifié pour accompagner la décarbonation des flottes et des entrepôts.
- Le plan prévoit également une augmentation significative de la surface des toitures d’entrepôts équipées de panneaux photovoltaïques, passant de 0,5 % à 5 %.
Le commerce de gros, maillon essentiel entre producteurs, industriels et professionnels, entend prendre sa part de responsabilité dans l’atteinte de la neutralité carbone en 2050. La Confédération Générale des Fabricants (CGF) a présenté un plan de décarbonation articulé autour de cinq axes majeurs, visant à démontrer que la transition écologique peut être un moteur de croissance, à condition de s’appuyer sur des mesures réalistes et partagées.
« Le commerce de gros a pleinement conscience de sa responsabilité pour contribuer à la perspective du “zéro émission nette 2050” », a souligné Stéphane Antiglio, président de la CGF. « L’enjeu consiste à conjuguer décarbonation et viabilité économique de nos entreprises. »
Le premier levier identifié par la CGF est la nécessité d’un cadre réglementaire clair et progressif, permettant aux entreprises d’anticiper et de planifier leurs investissements sur le long terme. Une stabilité réglementaire et fiscale est également cruciale, car les incertitudes peuvent freiner ou remettre en question les projets de transition.
Sur le plan technologique, la CGF préconise un mix énergétique diversifié, adapté aux besoins spécifiques des flottes et des entrepôts. Elle insiste également sur l’importance de développer l’écosystème de l’électromobilité, en améliorant les véhicules, les infrastructures de recharge et l’adaptation des entrepôts aux nouvelles contraintes logistiques. L’objectif est de concilier réduction de la consommation d’énergie, continuité des services et rentabilité.
Le plan de la CGF fixe des objectifs précis pour 2030. Concernant les flottes, l’ambition est de voir la part des poids lourds électriques passer de 0,5 % aujourd’hui à 15 à 25 % d’ici la fin de la décennie. Les véhicules utilitaires légers électriques devraient connaître une progression similaire, passant de 1,5 % à 20 à 40 %, tandis que les véhicules légers électriques atteindraient 25 à 50 % du parc, contre 12 % actuellement.
Les entrepôts, qui représentent un poste important de la performance énergétique du secteur, ne sont pas négligés. La CGF vise une augmentation de la surface des toitures équipées de panneaux photovoltaïques, passant de 0,5 % à 5 % d’ici 2030. Ces objectifs témoignent d’une approche pragmatique et résolue, tenant compte des capacités d’investissement des entreprises.
Pour les flottes, la CGF encourage la mutualisation des bornes de recharge entre grossistes et transporteurs routiers, afin d’éviter des investissements redondants. Elle demande également un allègement des contraintes administratives et techniques qui entravent l’installation de bornes sur les sites logistiques, ainsi qu’un soutien financier durable pour la conversion des parcs de véhicules.
En ce qui concerne les entrepôts, le plan souligne la nécessité de limiter les surcoûts d’assurance liés à l’installation de panneaux photovoltaïques, un frein souvent évoqué par les professionnels. La CGF souhaite également rendre éligibles au suramortissement fiscal certains investissements favorisant la sobriété énergétique et la production locale d’électricité. Elle plaide enfin pour une stabilisation des prix de l’électricité, afin de préserver la viabilité des modèles économiques basés sur l’autoconsommation ou la revente des surplus d’énergie.
Pour les transports externalisés, la CGF appelle les grossistes à renforcer leur responsabilité environnementale envers leurs prestataires, en privilégiant les transporteurs à faible impact environnemental, en développant les solutions intermodales et en réalisant un bilan des émissions de gaz à effet de serre générées par leurs flux.
Un mouvement qui concerne toute la filière automobile
Les propositions de la CGF résonnent particulièrement auprès des acteurs de la distribution de pièces et de services automobiles, également membres de la confédération via la FEDA. Ces entreprises, confrontées quotidiennement à des milliers de livraisons et de flux logistiques, partagent les mêmes défis : investir dans des flottes moins polluantes, adapter leurs entrepôts et se former aux nouvelles technologies énergétiques.
En promouvant une approche collective, la CGF rappelle que la décarbonation du commerce de gros – qu’il s’agisse de produits alimentaires, industriels ou automobiles – ne pourra être réussie sans une coordination étroite entre grossistes, transporteurs, fournisseurs d’énergie, assureurs et pouvoirs publics.
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