Publié le 23 décembre 2025. Plusieurs membres du groupe pro-palestinien Palestine Action, interdit au Royaume-Uni, sont en grève de la faim pour dénoncer leur incarcération et les conditions de leur détention, tandis qu’un conseil municipal nord-irlandais a exprimé son soutien aux grévistes.
- Des membres de Palestine Action sont en grève de la faim depuis plus d’un mois, réclamant leur libération sous caution et un procès équitable.
- Le conseil municipal de Belfast a adopté une motion soutenant les grévistes, malgré des critiques concernant la procédure de vote.
- Palestine Action avait été interdit en raison d’actions directes contre des entreprises liées à l’industrie de l’armement israélienne.
L’organisation Palestine Action, connue pour ses actions de protestation directe ciblant les actifs de l’armée britannique et des entreprises d’armement britanniques accusées de soutenir Israël, a été interdite par le gouvernement britannique cet été. Cette interdiction, justifiée par les actions de vandalisme, notamment sur des avions militaires à la base aérienne de Brize Norton, est actuellement contestée en justice. Al Jazeera rapporte que le groupe a obtenu le droit de contester légalement cette interdiction.
Depuis plus d’un mois, plusieurs membres emprisonnés de Palestine Action ont entamé une grève de la faim pour faire valoir leurs revendications. Selon Al Jazeera, les grévistes de la faim exigent une libération sous caution immédiate, le droit à un procès équitable – incluant, selon eux, la publication de documents relatifs à ce qu’ils dénoncent comme une « chasse aux sorcières » contre les militants – la fin de la censure de leurs communications, la levée de l’interdiction de Palestine Action, et la fermeture d’Elbit Systems, un fabricant d’armement israélien disposant de plusieurs usines au Royaume-Uni.
La situation des grévistes de la faim est préoccupante. La BBC indique que trois d’entre eux ont mis fin à leur jeûne, mais que quatre des huit premiers grévistes continuent de refuser de s’alimenter, atteignant des étapes critiques dans leur protestation.
La question a été débattue lors d’une réunion spéciale du conseil municipal de Belfast, convoquée à la suite d’une motion déposée par le conseiller de People Before Profit, Michael Collins. Irish News rapporte que le conseiller Collins a exprimé sa vive inquiétude quant à l’état de santé des grévistes :
« Trois des grévistes de la faim se trouvent désormais dans un état critique. Cela soulève de sérieuses questions sur le système judiciaire britannique. »
Michael Collins, conseiller de People Before Profit
Ronan McLaughlin, du Sinn Féin, a soutenu la motion, soulignant l’importance historique de la grève de la faim dans le contexte irlandais :
« Le peuple irlandais, et en particulier les républicains irlandais, comprendra l’importance des grèves de la faim. Nous savons que c’est un acte lorsque toutes les voies sont fermées, lorsque les voix sont réduites au silence, la communication est censurée et la dignité bafouée. »
Ronan McLaughlin, Sinn Féin
L’adoption de la motion par 28 voix contre 13 n’a cependant pas été sans susciter des critiques. Le Belfast Telegraph rapporte que certains partis ont exprimé leur mécontentement face à la procédure de vote. Le conseiller du DUP, Bradley Ferguson, s’est interrogé sur la légitimité de la réunion, tandis que le Parti de l’Alliance a dénoncé le manque de préavis (moins de deux heures). L’ancien lord-maire de Belfast, Micky Murray, a également critiqué l’organisation de cette réunion spéciale.
La conseillère du DUP, Sarah Bunting, a quant à elle jugé « ridicule » de débattre d’une motion qui, selon elle, n’a aucun lien avec les préoccupations des habitants de la ville.
