Publié le 2025-10-19 22:00:00. Un contact peau à peau précoce entre les parents et leur bébé prématuré peut significativement réduire le stress psychologique des deux, selon une étude récente. Cette pratique simple, particulièrement bénéfique dans les heures qui suivent la naissance, favorise l’établissement du lien parent-enfant et contribue à la stabilité émotionnelle des parents.
- Le contact peau à peau immédiat après la naissance diminue les symptômes dépressifs chez les mères et l’anxiété chez les pères.
- L’étude révèle que la durée du contact physique est moins importante que son instauration précoce.
- Les pères bénéficient particulièrement de cette pratique, qui leur permet de s’impliquer activement dès les premiers instants.
Les naissances prématurées sont souvent sources de stress, de dépression et d’anxiété pour les parents. La santé mentale des parents est pourtant un facteur déterminant dans le développement de l’enfant et la qualité de la relation parent-enfant. Une nouvelle étude, menée en Suède et en Norvège, met en lumière l’importance du contact peau à peau (CPP) – ou contact cutané – pour atténuer ces difficultés.
L’essai clinique randomisé, réalisé entre 2018 et 2021 auprès de 91 bébés très prématurés (dont 36 paires de jumeaux) et de 146 parents, a comparé deux groupes. Dans le groupe d’intervention, le contact peau à peau débutait immédiatement après la naissance et pouvait durer jusqu’à six heures. Le groupe témoin, quant à lui, bénéficiait des soins standards en couveuse, le contact cutané étant différé.
Les chercheurs ont évalué la santé mentale des parents à quatre reprises : sept jours après l’accouchement, à la date prévue de naissance, après trois à quatre mois, et enfin après douze mois d’âge corrigé. Les résultats montrent que, quel que soit le groupe, les niveaux de dépression et d’anxiété étaient les plus élevés juste après la naissance, puis diminuaient progressivement avec le temps.
L’étude a cependant mis en évidence un effet positif significatif du CPP immédiat. Une semaine après la naissance, les mères du groupe CPP présentaient moins de symptômes dépressifs, tandis que les pères manifestaient moins d’anxiété. À la date prévue de naissance, les pères étaient significativement moins susceptibles de souffrir de symptômes dépressifs ou anxieux. Au-delà du troisième mois, aucune différence significative n’a été observée entre les deux groupes.
Les données ont également révélé que les parents du groupe CPP ont eu beaucoup plus de contacts cutanés avec leur enfant dans les 72 heures suivant la naissance et durant les huit premiers jours de vie. Les pères ont particulièrement bénéficié de cette pratique, passant en moyenne deux fois plus de temps en contact peau à peau avec leur bébé prématuré. Il est à noter que la majorité des mères qui n’ont pas pu bénéficier d’un CPP précoce avaient subi une césarienne.
De manière surprenante, la durée du contact physique n’a pas eu d’impact significatif sur le bien-être psychologique des parents. L’élément clé semble être le début précoce du contact cutané, soulignant l’importance particulière de la phase immédiatement postnatale. Les chercheurs attribuent l’effet plus prononcé chez les pères à l’implication accrue qu’offre le CPP, leur permettant de jouer un rôle actif dans une situation où ils pourraient autrement se sentir impuissants.
Les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité d’une prise en charge globale des mères et des bébés prématurés dès la naissance, même après une césarienne. Ils recommandent de promouvoir activement le CPP précoce dans la pratique clinique quotidienne, en complément des soins infirmiers et médicaux essentiels. (1)
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