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Le crédit agricole en hausse de 28 % en août, les prêts en souffrance ont presque doublé

by Amélie Bernard

Publié le 25 octobre 2025 à 19h26. L’augmentation des prêts agricoles au Bangladesh s’accompagne d’une hausse inquiétante des défauts de paiement, soulevant des questions sur la pérennité du système financier rural du pays.

  • Les décaissements de crédits agricoles ont augmenté de près de 28 % en août, atteignant 2 672 crores de taka (environ 25,6 millions d’euros).
  • Les prêts agricoles en souffrance ont presque doublé sur un an, dépassant les 22 968 crores de taka (environ 22 millions d’euros).
  • Les institutions de microfinance, comme la Grameen Bank, sont également confrontées à une augmentation des impayés.

Selon le dernier « Rapport mensuel sur l’agriculture et la finance rurale » de la Banque du Bangladesh, les banques ont décaissé 2 672 crores de taka en prêts agricoles au mois d’août. Ce chiffre représente une augmentation significative de 28,3 % par rapport à la même période l’année précédente. Cette dynamique s’inscrit dans un objectif plus large de décaissement de 39 000 crores de taka (environ 37,4 millions d’euros) pour l’exercice 2025-2026, soit une progression de 2,63 % sur un an.

Cependant, cette augmentation des prêts s’accompagne d’une détérioration notable de la qualité du crédit. À la fin du mois d’août, les prêts agricoles en souffrance atteignaient plus de 22 968 crores de taka, un bond de 94 % par rapport aux 11 844 crores de taka (environ 11,3 millions d’euros) enregistrés un an plus tôt. L’encours total du crédit agricole, intérêts compris, s’élevait à plus de 59 541 crores de taka (environ 57,2 millions d’euros) en août, en hausse de 6,66 % par rapport aux 55 822 crores de taka de l’année précédente.

Cette situation préoccupante suscite l’inquiétude des décideurs politiques et des économistes. La hausse des défauts de paiement est principalement imputée aux banques spécialisées publiques, aux banques commerciales privées et aux banques commerciales publiques. La Banque du Bangladesh met en avant les nouvelles règles de classification des prêts introduites en avril comme facteur explicatif. Toutefois, des experts du secteur bancaire soulignent l’existence de problèmes structurels plus profonds, tels qu’une évaluation du crédit déficiente, des pressions politiques et des systèmes de recouvrement inefficaces.

Les données révèlent également une évolution dans la répartition du crédit agricole. Les financements destinés à la production agricole et à la réduction de la pauvreté diminuent proportionnellement, tandis que les prêts au bétail, à la volaille et à la pêche augmentent. Si cette diversification est perçue comme positive par certains analystes, elle pourrait également accroître les risques, les systèmes de soutien dans ces secteurs émergents étant encore sous-développés. Bien que les taux de récupération officiels aient légèrement progressé, ils ne suffisent pas à rassurer.

En août, les banques ont récupéré près de 3 120 crores de taka (environ 3 millions d’euros), soit une augmentation d’environ 8 % sur un an. Néanmoins, les remboursements restent inférieurs aux nouveaux prêts, creusant l’écart entre les décaissements et les recouvrements. Les institutions de microfinance rencontrent des difficultés similaires. La Grameen Bank et dix grandes ONG ont déboursé 16 568 crores de taka (environ 15,9 millions d’euros) en août, soit une augmentation de 46 % sur un an, mais leurs prêts en souffrance ont atteint 8 212 crores de taka (environ 7,9 millions d’euros), en hausse de près de 24 %.

La Fondation Palli Karma-Sahayak (PKSF) se distingue toutefois par une meilleure gestion du crédit, affichant une baisse de 35 % des prêts en souffrance malgré des volumes de prêts et de recouvrement plus élevés.

Dans son rapport, la Banque du Bangladesh insiste sur la nécessité urgente de renforcer la surveillance, d’adopter des pratiques de prêt prudentes et d’améliorer les mécanismes de redressement afin de maîtriser le risque croissant.

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