Publié le 23 décembre 2025 15h18. Les prix des métaux s’envolent en fin d’année, l’or flirtant avec les 4 500 dollars l’once et le cuivre dépassant pour la première fois la barre des 12 000 dollars la tonne, sous la pression des tensions géopolitiques et d’une offre limitée.
- Le prix du cuivre a franchi un seuil historique, dépassant les 12 000 dollars la tonne.
- Les inquiétudes concernant d’éventuels droits de douane et les perturbations de l’offre mondiale sont les principaux moteurs de cette hausse.
- Les analystes prévoient que cette tendance haussière se poursuivra en 2026, avec un déficit d’approvisionnement mondial important.
La fin de l’année est marquée par une nouvelle flambée des prix des métaux. Le cuivre, en particulier, a connu une progression spectaculaire, atteignant un niveau jamais vu, dépassant pour la première fois les 12 000 dollars la tonne sur le marché de Londres. Cette envolée est principalement due aux craintes liées à l’imposition de droits de douane et à une offre qui peine à suivre la demande croissante.
Les tarifs douaniers envisagés par Donald Trump ont semé l’incertitude sur le marché, incitant les acheteurs à anticiper et à se constituer des stocks. Cette pression s’est maintenue malgré l’atténuation de la guerre commerciale déclenchée par la Maison Blanche en avril. Le cuivre, un métal essentiel à l’activité industrielle, a ainsi vu son prix grimper de plus de 30 % cette année, une hausse qui résiste même au ralentissement de l’économie chinoise, premier consommateur mondial de ce métal, absorbant environ la moitié de la production mondiale.
Au-delà des tensions commerciales, la demande industrielle soutenue exerce une pression à la hausse sur les prix. Le cuivre est considéré comme un indicateur avancé de la santé du secteur manufacturier, étant largement utilisé dans des industries en pleine expansion, telles que les véhicules électriques, les énergies renouvelables et l’intelligence artificielle. Cette demande excède largement l’offre actuelle, et les prévisions indiquent que ce déséquilibre structurel persistera, alimentant ainsi la hausse des prix en 2026.
Morgan Stanley anticipe un déficit d’approvisionnement mondial record pour l’année prochaine, estimant un écart de 600 000 tonnes entre l’offre et la demande en 2026, avec une aggravation prévue dans les années suivantes. Citi, de son côté, table sur un prix du cuivre pouvant atteindre 15 000 dollars la tonne dans un scénario de faiblesse du dollar et de nouvelles baisses des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed), ce qui stimulerait l’appétit des investisseurs. La dépréciation du dollar rend en effet les matières premières, comme le cuivre, l’or et l’argent, plus abordables pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Dans son scénario de base, Citi prévoit un prix de 13 000 dollars la tonne dans les six à douze prochains mois.
Goldman Sachs nuance cependant ces prévisions, estimant que la récente hausse des prix du cuivre est davantage due aux spéculations des investisseurs sur de futures pénuries qu’aux conditions réelles de l’offre et de la demande. La banque américaine a révisé sa prévision pour 2026 à 11 400 dollars la tonne mi-décembre, une estimation désormais dépassée par les faits.
Kerstin Hottner, responsable des matières premières chez Vontobel, met en garde contre une volatilité accrue des prix à court terme, compte tenu du contexte actuel de surachat et d’une possible diminution de la demande chinoise. Néanmoins, elle souligne que la tendance à long terme de l’électrification de l’économie, au détriment des énergies fossiles, plaide en faveur d’une demande soutenue.
Les interruptions de production dans les mines ont également contribué au déficit d’approvisionnement cette année. Les mines de Quebrada Blanca (Chili), exploitée par Teck Resources, et de Grasberg (Indonésie), touchée par un grave accident, ont réduit l’offre mondiale d’environ 350 000 tonnes d’ici 2026 depuis fin septembre. « Le premier semestre a été marqué par une forte demande chinoise et les craintes liées aux droits de douane sur le cuivre, tandis que le second semestre 2025 est dominé par les perturbations de l’offre », explique Kerstin Hottner.
« L’industrie minière du cuivre est confrontée à des interruptions de production qui réduisent l’offre mondiale pour 2025 et les deux années suivantes. Ces tensions sur le marché entraînent une baisse de la production alors que la demande continue de croître », ajoute Ofi Invest AM, une société de gestion d’actifs française disposant de plus de 180 milliards d’euros d’actifs sous gestion.
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