Home SantéLe dépistage pré-vaccinal contre la dengue est-il la voie à suivre ? · Briser la Dengue

Le dépistage pré-vaccinal contre la dengue est-il la voie à suivre ? · Briser la Dengue

by Sophie Martin

Le premier vaccin contre la dengue, Dengvaxia de Sanofi Pasteur, suscite des interrogations après la découverte d’un effet paradoxal : il peut aggraver la maladie chez les personnes n’ayant jamais été infectées par le virus. Alors que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) l’a autorisé dans une vingtaine de pays pour les 9-45 ans vivant dans des zones à risque, des stratégies de dépistage préalable sont désormais envisagées pour limiter les effets indésirables.

Le problème réside dans un phénomène connu sous le nom d’amélioration dépendante des anticorps (ADE). Le virus de la dengue existe en quatre sérotypes différents, chacun pouvant provoquer la maladie. Une première infection génère des anticorps protecteurs contre le sérotype spécifique rencontré. Cependant, ces anticorps offrent une protection limitée et temporaire contre les autres sérotypes. Une fois cette protection affaiblie, l’individu n’est plus protégé que contre le premier sérotype.

Lors d’une seconde infection, les anticorps préexistants peuvent s’avérer contre-productifs si le nouveau sérotype est différent du premier. Au lieu de neutraliser le virus, ils peuvent, au contraire, faciliter son entrée dans les cellules et aggraver l’infection. « Ce qui aurait probablement été une infection virale bénigne devient alors grave », expliquent les spécialistes.

Un vaccin idéal devrait stimuler la production d’anticorps capables de neutraliser les quatre sérotypes de la dengue et d’éviter l’ADE. Or, les recherches suggèrent que Dengvaxia, chez les personnes n’ayant jamais contracté la dengue, induit principalement la production d’anticorps spécifiques au sérotype DENV-4.

Face à ce risque, l’OMS recommande désormais un dépistage préalable à la vaccination afin de ne l’administrer qu’aux personnes ayant déjà été infectées par le virus. « Les décisions concernant la mise en œuvre d’une stratégie de dépistage préalable nécessiteront une évaluation minutieuse », souligne l’organisation, qui insiste sur le fait que la vaccination doit s’inscrire dans une stratégie globale de prévention et de contrôle de la dengue.

Le dépistage préalable pourrait passer par des tests en laboratoire, mais ces analyses sont chronophages et nécessitent des ressources importantes. Les délais entre le prélèvement et l’obtention des résultats pourraient atteindre plusieurs jours, ce qui pourrait exclure les patients ne pouvant se déplacer à plusieurs reprises. Des tests de diagnostic rapide (TDR) pourraient constituer une alternative dans les zones endémiques, souvent dépourvues de laboratoires bien équipés. Cependant, ces tests sont principalement conçus pour détecter les infections actuelles et leur fiabilité pour le dépistage préalable reste à évaluer. Des modifications ou de nouveaux TDR pourraient être nécessaires avant de pouvoir être utilisés de manière fiable.

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