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Le diabète coûte à l’économie mondiale non pas des milliards, mais des milliers de milliards

by Sophie Martin

Publié le 2024-11-21 10:30:00. Le diabète représente un fardeau économique colossal, bien au-delà des simples coûts de santé. Une nouvelle étude révèle que cette maladie pourrait coûter plus de 10 000 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici 2050, soulignant l’urgence d’une action préventive et d’un meilleur dépistage.

  • Le coût cumulé du diabète entre 2020 et 2050 est estimé à 10 200 milliards de dollars internationaux, soit 0,22 % du PIB mondial chaque année.
  • Les coûts indirects, tels que la perte de productivité et les soins informels prodigués par les familles, représentent une part significative de ce fardeau économique.
  • Les États-Unis, l’Inde et la Chine sont les pays les plus touchés en termes de coûts absolus, tandis que les petits États insulaires et les pays riches subissent l’impact le plus important en proportion de leur économie.

Le diabète est souvent perçu comme un problème de santé publique majeur, avec des conséquences graves telles que la cécité, les amputations et les maladies cardiovasculaires. Cependant, une étude récente met en lumière une dimension souvent négligée : l’impact économique dévastateur de cette maladie à l’échelle mondiale.

Des chercheurs ont entrepris de quantifier précisément le coût du diabète pour l’économie mondiale sur les prochaines décennies. Leurs conclusions, publiées dans la revue scientifique Nature Medicine, révèlent des chiffres stupéfiants. L’étude ne s’est pas limitée aux dépenses médicales directes, mais a intégré une modélisation économique prenant en compte les coûts cachés.

Ces coûts indirects incluent la baisse de productivité des travailleurs diabétiques, les décès prématurés liés à la maladie, les investissements détournés des soins de santé vers les médicaments, et surtout, le temps considérable consacré par les familles à la prise en charge de leurs proches atteints de diabète. Les chercheurs ont estimé le préjudice économique total pour 204 pays et territoires entre 2020 et 2050 à 10 200 milliards de dollars internationaux (une monnaie ajustée pour tenir compte des différences de pouvoir d’achat). Cela représente environ 0,22 % du PIB mondial chaque année pendant trente ans.

L’étude souligne l’importance cruciale des soins informels. En moyenne, les membres d’une famille consacrent quatre heures supplémentaires par semaine à s’occuper d’une personne diabétique, au détriment de leur propre activité professionnelle. Si l’on inclut ces heures de soins non rémunérés, le coût total du diabète explose, atteignant 78 800 milliards de dollars internationaux.

En termes de coûts absolus, les États-Unis sont en tête avec 2 500 milliards de dollars internationaux de dommages attendus, suivis par l’Inde (1 600 milliards) et la Chine (1 000 milliards). Cependant, en proportion de leur économie, les petits États insulaires comme les Samoa américaines et les pays riches comme l’Australie sont les plus durement touchés. Par habitant, les résidents d’Irlande, de Monaco et des Bermudes supportent le fardeau le plus élevé.

Des disparités régionales significatives existent également. L’Amérique du Nord voit près de 0,4 % de son économie consacrée au diabète chaque année, un pourcentage supérieur à celui de toute autre région du monde. L’Amérique latine et l’Europe suivent à distance.

La nature des coûts varie en fonction du niveau de développement économique. Dans les pays prospères, plus de 40 % des dépenses sont liées aux soins médicaux directs, grâce à un accès plus large à des systèmes de santé étendus, bien que coûteux. À l’inverse, dans les pays les plus pauvres, cette part n’est que de 14 à 15 %, car l’accès aux soins de santé est limité. Dans ces régions, la maladie exerce principalement une pression sur le marché du travail, entraînant une perte de productivité et des décès prématurés. Ces dégâts économiques sont moins visibles, mais tout aussi réels.

Les chercheurs recommandent une approche globale axée sur la prévention, qui pourrait éviter jusqu’à 90 % des cas de diabète de type 2 grâce à un mode de vie plus sain. Ils insistent également sur l’importance du dépistage précoce, car près de la moitié des personnes atteintes de diabète dans le monde ne sont pas conscientes de leur état, un chiffre qui grimpe à 90 % dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Enfin, ils soulignent le potentiel de nouveaux médicaments, tels que les agonistes du GLP-1 (dont Ozempic est un exemple), qui pourraient avoir un impact mondial si leur prix devenait plus abordable.

Pour en savoir plus sur les avancées dans la lutte contre le diabète, vous pouvez consulter cet article sur le rôle des bactéries intestinales ou cet autre sur le manque de diagnostic.

Retrouvez également notre podcast scientifique :

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