Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

Le dirham marocain chute face à l’euro et au dollar américain

Le dirham marocain traverse une phase de dépréciation marquée face à l'euro et au dollar, atteignant des seuils inédits depuis plusieurs années.

Le dirham marocain chute face à l'euro et au dollar américain

Le dirham marocain traverse une phase de dépréciation marquée face à l’euro et au dollar, atteignant des seuils inédits depuis plusieurs années. Bank Al-Maghrib indique que les évolutions s’inscrivent dans un régime de change encadré, tandis que le déficit commercial se creuse et que les besoins en devises s’accroissent.

La glissade prononcée du dirham face à l’euro et au dollar

La monnaie nationale marocaine enregistre un recul significatif depuis la fin de l’été. Il s’agit du niveau le plus bas de la monnaie marocaine face à l’euro depuis le mois de mai 2018.

Le mouvement est encore plus accusé vis-à-vis du dollar américain. Le taux de change est passé d’environ 9,38 dirhams à plus de 9,99 dirhams pour un dollar sur la même période, soit une baisse de 6,5 %, frôlant ainsi le seuil psychologique des 10 dirhams par billet vert, un plancher qui n’avait plus été atteint depuis février 2025.

le

Cette dynamique trouve son ancrage dans le régime de change national. Par conséquent, toute variation de ces deux devises de référence sur les marchés internationaux se répercute mécaniquement sur les cours locaux.

La facture énergétique et le creusement du déficit commercial

Derrière les parités de change se profile un déséquilibre des flux commerciaux. Le déficit commercial s’est ainsi creusé de 25,4 % pour s’établir à 282,61 milliards de dirhams.

Le dirham marocain chute face à l'euro et au dollar américain
Photo : InfoMaroc

Cette poussée des importations est en grande partie alimentée par la facture énergétique. À fin août 2026, les achats de produits énergétiques se sont écrits à 96,4 milliards de dirhams, affichant une progression de 32,6 % sur un an. Pour régler ces approvisionnements en devises étrangères, les opérateurs économiques doivent mobiliser des volumes accrus de capitaux, ce qui accentue la tension sur le marché des changes.

Du côté des importations, nous avons globalement une moitié des règlements en dollars et une moitié en euros. Il y aura donc un renchérissement. Pétrole, blé, matières premières, matières de base, puis toutes les autres importations, notamment les biens d’équipement, les machines et les outillages. L’impact est globalement négatif.

Abdelghani Youmni, via Le360

Des réserves de change solides face aux tensions de liquidité

Malgré la rapidité de la bascule sur le marché interbancaire, où l’écart entre le cours moyen pondéré et le cours central de Bank Al-Maghrib est passé de -3,35 % le 1er juin à +1,51 % le 2 octobre, les analystes soulignent qu’il s’agit d’un problème de flux et non de stock.

Maroc : Dirham, euro, dollar, pourquoi le change bouge et ce que cela change pour vous ?

La banque centrale maintient par ailleurs ses interventions régulières pour réguler le marché monétaire. Lors de l’appel d’offres du 7 octobre, l’institution a injecté un montant sous forme d’avances à 7 jours, tandis que le volume quotidien moyen des échanges sur le marché interbancaire s’est élevé à 3,4 MMDH avec un taux interbancaire positionné à 2,25 %.

Les répercussions sur l’économie réelle et le pouvoir d’achat

La baisse prolongée de la monnaie nationale soulève la question de sa transmission sur les prix à la consommation.

Le dirham marocain chute face à l'euro et au dollar américain
Photo : TSA

Globalement, comme nous sommes sur une balance commerciale avec un taux de couverture des marchandises de 54,2% à fin août 2026, on peut dire qu’une dépréciation du taux de change impacte le budget des entreprises et des ménages. Le pouvoir d’achat est touché.

Abdelghani Youmni, via Le360

Du côté des transferts, la conversion des devises pour les Marocains résidant à l’étranger se trouve mécaniquement modifiée. Pour 1 000 euros convertis, le montant perçu aux cours de référence est passé de 10 776 dirhams fin août à 11 162 dirhams au 7 octobre, offrant un différentiel positif pour les bénéficiaires locaux, tandis que les importateurs subissent le surcoût des achats libellés en devises fortes.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now
À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.