Publié le 16 janvier 2026 à 10h43 GMT. Le Canada tente de naviguer entre le renforcement de ses liens économiques avec la Chine et le maintien de relations étroites avec son allié américain, un exercice d’équilibre délicat qui suscite des interrogations à Washington.
- Le Canada cherche à diversifier ses marchés et à rétablir les relations avec Pékin, malgré la sensibilité de cette démarche aux États-Unis.
- Environ 75 % des exportations canadiennes sont actuellement destinées aux États-Unis, ce qui rend le pays particulièrement attentif à l’évolution de ses relations commerciales.
- La révision de l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) ajoute une couche de complexité à cette situation.
Ottawa se trouve dans une position délicate. Alors que le Premier ministre Justin Trudeau s’efforce de renforcer les relations commerciales avec la Chine, il doit composer avec la proximité géographique et l’alliance sécuritaire qui lient le Canada aux États-Unis. Cette stratégie de diversification commerciale est perçue comme essentielle pour les intérêts nationaux canadiens, mais elle est scrutée de près par Washington.
Selon Colin Robertson, ancien diplomate canadien et vice-président de l’Institut canadien des affaires mondiales, Pékin considère le Canada comme un allié clé des États-Unis. Il explique :
« Je pense que les Chinois nous considèrent comme l’allié le plus proche des États-Unis, et tout ce qu’ils peuvent faire pour y créer un fossé sert leurs intérêts. »
Colin Robertson, ancien diplomate canadien et vice-président de l’Institut canadien des affaires mondiales
Les responsables canadiens reconnaissent l’importance de gérer les perceptions américaines. Ils soulignent également les liens commerciaux déjà bien établis entre les États-Unis et la Chine, ce qui, selon eux, démontre la capacité de Washington à entretenir des relations économiques avec Pékin tout en maintenant une alliance solide avec Ottawa. Ils affirment que le Canada se concentre sur la défense de ses propres intérêts.
L’avenir de l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) ajoute une dimension supplémentaire à cette complexité. Les États-Unis envisagent ouvertement de renégocier ou même de rompre cet accord, ce qui pourrait avoir des conséquences importantes pour l’économie canadienne. La situation est d’autant plus délicate que les États-Unis « surveillent de très près » les initiatives canadiennes en Chine, selon des sources proches du dossier. Comme le souligne Colin Robertson :
« Ils auront tendance à voir la situation de manière négative, mais je présume que nous les tenons bien informés de ce que nous faisons. »
Colin Robertson, ancien diplomate canadien et vice-président de l’Institut canadien des affaires mondiales
En fin de compte, le Canada affirme vouloir défendre ses intérêts nationaux, tout en maintenant des relations constructives avec ses principaux partenaires commerciaux, tant à Washington qu’à Pékin.
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