Le documentaire «NAZA», qui accuse l’armée israélienne de tuer sciemment des civils à Gaza à travers un acronyme désignant les dommages collatéraux, bénéficie d’une sortie restreinte de 500 séances dans les cinémas français les 12 et 13 octobre 2026, avant une diffusion gratuite en ligne fin novembre.
Récompensé par le prix spécial du jury lors de la 83e Mostra de Venise, le documentaire NAZA s’appuie sur les témoignages anonymes de 24 militaires et membres des services de renseignement israéliens.
Les auteurs, les journalistes d’investigation Yuval Abraham et Rachel Szor, décrivent la façon dont l’armée planifie ses frappes en estimant à l’avance un nombre de victimes civiles jugé tolérable.
Le film analyse le calcul des dommages collatéraux
Dans le jargon militaire israélien, NAZA correspond à l’acronyme de nezek agavi, qui désigne les dommages collatéraux anticipés avant chaque opération. Le long-métrage alterne entre ces entretiens nocturnes menés sur des toits, des archives, des déclarations de dirigeants politiques et des plans fixes sur les quartiers de Tel-Aviv.
Les intervenants anonymes expliquent comment ces calculs de pertes civiles accompagnent la traque de membres du Hamas. Les réalisateurs cherchent ainsi à montrer la mécanisation des décisions de frappe dans un conflit qui, selon le bilan du ministère de la Santé de Gaza relayé par les Nations unies, a fait plus de 74 200 morts depuis le 7 octobre 2023.
Provoquer une tempête politique en Israël
Le ministre de la Culture Miki Zohar a qualifié le travail des réalisateurs de trahison envers l’État et a exigé qu’ils soient déchus de leur nationalité, tandis que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé vouloir proposer un projet de loi visant à priver de citoyenneté les personnes diffamant les soldats de Tsahal.

Face aux menaces et à des rassemblements hostiles organisés devant le domicile des parents de Rachel Szor, les cinéastes ne sont pas rentrés dans leur pays. De son côté, l’armée israélienne a rejeté catégoriquement ces allégations dans un document de dix-sept pages, estimant que le film est truffé de fausses informations, qu’il présente une vision déformée de ses procédures et mettant en doute la fiabilité de sources anonymes invérifiables.
Programmer une diffusion mondiale après les élections
En France, l’achat des droits par mk2 a permis d’obtenir un visa exceptionnel pour une exploitation en salle limitée à 500 séances réparties sur les journées du 12 et du 13 octobre 2026. Le film poursuit sa trajectoire internationale avec une sortie programmée dans les salles indonésiennes le 16 octobre, après avoir été présenté par KlikFilm selon l’agence VOI.
Pour s’assurer que l’œuvre touche le public le plus large possible, les cinéastes et le coproducteur britannique The Guardian ont convenu de rendre NAZA accessible gratuitement en ligne à la fin du mois de novembre. Cette mise en ligne interviendra délibérément après les élections législatives israéliennes fixées au 27 octobre.