Ralentissement de l’inflation américaine, hésitations des banques centrales et yen en baisse : les chiffres de l’inflation aux États-Unis, plus faibles que prévu, ont alimenté les espoirs d’une baisse des taux d’intérêt, tandis que les banques centrales du Royaume-Uni et d’Europe affichent des approches divergentes. Le yen, quant à lui, subit les incertitudes entourant la politique monétaire japonaise.
L’inflation américaine a ralenti à 2,7 % sur un an en novembre, contre 3,0 % en septembre, un chiffre inférieur aux attentes. Cette baisse renforce l’idée que la Réserve fédérale (Fed) pourrait envisager plusieurs réductions de taux d’intérêt en 2026. Les contrats à terme sur les fonds fédéraux anticipent désormais une baisse totale de 60 points de base l’année prochaine, avec une probabilité de 25 % d’une première baisse dès janvier.
Cependant, le dollar américain a montré une relative stabilité, possiblement en raison des perturbations liées à la fermeture partielle du gouvernement américain, qui pourrait fausser les données économiques. Les investisseurs restent prudents et attendent des signaux plus clairs.
De l’autre côté de l’Atlantique, la Banque d’Angleterre (BoE) a abaissé ses taux d’intérêt d’un quart de point, mais a également signalé que le cycle d’assouplissement monétaire pourrait être en train de ralentir. Le vote au sein du comité de politique monétaire a été serré (5 voix contre 4), le gouverneur Bailey ayant basculé en faveur d’une baisse. « Nous pensons toujours que les taux sont sur une trajectoire de baisse progressive », a-t-il déclaré, « Mais à chaque réduction que nous effectuons, la mesure dans laquelle nous irons se rapproche. » Les marchés anticipent désormais des baisses de taux d’environ 36 points de base pour 2026, une perspective moins accommodante que celle de la Fed.
La Banque centrale européenne (BCE), quant à elle, a maintenu ses taux directeurs inchangés, comme prévu. Elle a même revu à la hausse ses projections de croissance et d’inflation, ce qui a renforcé les paris selon lesquels elle aurait achevé son cycle de hausse des taux. Toutefois, les responsables de la BCE n’ont pas exclu de nouvelles baisses à l’avenir, soulignant l’incertitude économique persistante.
En Asie, la Banque du Japon (BoJ) a également augmenté ses taux d’intérêt pour la deuxième fois cette année, les portant à 0,75 %. Cette décision, adoptée à l’unanimité, vise à lutter contre les pressions inflationnistes, tout en maintenant des conditions financières globalement accommodantes. Malgré cette hausse, le yen a chuté, atteignant un niveau supérieur à 156,00 face au dollar, suggérant que les marchés attendent des signaux plus précis sur les prochaines étapes de la BoJ. Le gouverneur Ueda a réaffirmé la volonté de la banque centrale d’augmenter encore les taux, mais a souligné la nécessité d’une approche prudente.
