Les marchés financiers connaissent une accalmie après les récentes publications de la Réserve fédérale américaine, mais l’attention se porte désormais sur les prochaines décisions des banques centrales européennes et allemandes. La Turquie, quant à elle, a surpris en abaissant ses taux d’intérêt face à un ralentissement de l’inflation.
Le dollar américain a poursuivi sa tendance baissière jeudi, clôturant près de 98,00, conformément aux prévisions. Cette faiblesse ne s’explique pas uniquement par les anticipations concernant les taux d’intérêt, mais également par des facteurs saisonniers de fin d’année. Les marchés anticipent désormais un taux final de la Fed de 3,05 % à la fin de l’année prochaine, après un ajustement à la baisse à 3,50 %, exerçant ainsi une pression sur le dollar.
Dans un contexte de calendrier économique américain relativement calme, une certaine stabilisation est attendue. Cependant, une aversion au risque sur les marchés boursiers pourrait fournir un soutien minimal au dollar. Les analystes estiment qu’un niveau autour de 98,350, avec une légère baisse vers 98,200, semble raisonnable à ce stade.
L’attention se tourne maintenant vers la Banque centrale européenne (BCE). Les chiffres de l’inflation allemande pour novembre devraient atteindre 2,6 % sur un an, le niveau le plus élevé depuis neuf mois, ce qui pourrait renforcer les arguments en faveur d’une hausse des taux d’intérêt dans la zone euro. La réunion de la BCE jeudi prochain sera scrutée de près, notamment les nouvelles prévisions de la présidente Christine Lagarde, qui constitueront un premier test de la conviction actuelle selon laquelle il n’y aura pas de nouvelles baisses de taux.
La courbe des taux de l’euro a connu une hausse significative cette semaine, de 10 points de base sur la durée à 2 ans, inversant ainsi la tendance observée sur le dollar et favorisant un resserrement des écarts en faveur de l’euro. Après avoir atteint 1,175 hier, la stabilisation du dollar devrait entraîner une légère correction de l’EUR/USD vers le milieu de la fourchette 1,170-1,175.
Au Royaume-Uni, les chiffres d’octobre ont déçu, avec une contraction inattendue de l’économie de 0,1 % en glissement mensuel, principalement en raison du secteur manufacturier. Cette donnée pourrait inciter la Banque d’Angleterre à revoir ses prévisions à la baisse la semaine prochaine, avec une réduction de 22 points de base anticipée. La tendance reste inchangée ce matin, mais l’ouverture suggère une certaine pression à la baisse pour l’EUR/GBP, qui pourrait se rapprocher de 0,878.
Enfin, les marchés des pays émergents (PECO) restent relativement calmes en attendant les réunions clés des banques centrales la semaine prochaine.