Home AffairesLe « droit des avocats à la confidentialité » devrait être adopté cette année à l’Assemblée nationale… Les avocats « attendent et accueillent »

Le « droit des avocats à la confidentialité » devrait être adopté cette année à l’Assemblée nationale… Les avocats « attendent et accueillent »

by Amélie Bernard

Publié le 3 janvier 2026 à 21h22. L’Assemblée nationale sud-coréenne se prépare à adopter une loi historique garantissant le secret professionnel entre avocats et clients, une mesure saluée par la profession juridique comme un pas essentiel vers un système judiciaire plus équitable et transparent.

  • L’adoption imminente de cette loi instaurera un privilège avocat-client (PAC) protégeant les communications confidentielles.
  • Le texte interdit la divulgation de documents ou d’informations échangés entre un avocat et son client, sauf exceptions.
  • Les professionnels du droit espèrent que cette mesure renforcera la confiance des citoyens dans le système judiciaire et permettra une assistance juridique plus efficace.

Un projet de loi visant à modifier la loi sur les avocats, et instaurant ce privilège avocat-client, a été adopté par la Commission législative et judiciaire de l’Assemblée nationale le 18 décembre dernier. Son examen en séance plénière est prévu prochainement, et son adoption est largement attendue, faute d’opposition majeure. Cette avancée législative mettrait fin à une situation unique parmi les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Corée du Sud étant jusqu’à présent le seul pays sans législation spécifique sur le secret professionnel des avocats.

Le texte prévoit explicitement l’interdiction de divulguer, de soumettre ou de demander l’inspection de toute communication, document ou information confidentielle entre un avocat et son client. Il stipule également que les preuves obtenues en violation de ces dispositions ne pourront être utilisées dans le cadre de procédures judiciaires ou administratives. Des exceptions sont toutefois prévues, notamment en cas de consentement explicite du client ou si celui-ci utilise les services de son avocat pour commettre ou faciliter une infraction pénale. Une clause pénale est également prévue pour sanctionner toute tentative de forcer le consentement d’un client afin de contourner le secret professionnel.

La communauté juridique coréenne a accueilli favorablement cette initiative. L’Association du Barreau coréen et l’Association du Barreau régional de Séoul ont toutes deux exprimé leur soutien au projet de loi après son adoption en commission. Kim Hyeong-cheol, deuxième directeur des affaires publiques de l’Association du Barreau coréen, a déclaré :

« Parmi les pays membres de l’OCDE, nous étions le seul à ne pas disposer d’une législation relative au droit à la confidentialité des avocats. Si ce projet de loi est adopté, on s’attend à ce que les pratiques d’enquête abusives à l’encontre des avocats soient éradiquées et qu’un environnement équitable soit créé, permettant aux clients de communiquer avec leurs avocats et de recevoir une assistance juridique en toute sérénité. »

Kim Ki-won, vice-président de l’Association du Barreau de Séoul, a souligné l’importance de cette mesure pour l’équilibre des pouvoirs au sein du système judiciaire :

« Le système judiciaire coréen actuel est traditionnellement caractérisé par une concentration unilatérale du pouvoir et de la responsabilité entre les mains des agents publics, tels que les juges et les procureurs. Grâce au droit des avocats à la confidentialité, l’autorité et la responsabilité des avocats sont renforcées, ce qui est essentiel au fonctionnement d’un système judiciaire centré sur le citoyen et impliquant une responsabilisation correspondante. »

Les inquiétudes concernant une potentielle entrave à la recherche de la vérité ont été abordées par le vice-président Kim, qui a précisé :

« Même sans examiner le contenu des communications entre l’avocat et son client, il existe d’autres éléments de preuve qui peuvent révéler la vérité sur une affaire. »

Avant l’adoption définitive du projet de loi, il reste toutefois un point à clarifier : le statut des « avocats d’entreprise ». Le vice-président Kim a expliqué :

« Les dispositions relatives aux avocats d’entreprise ne sont pas suffisamment précises. Ces professionnels occupent une position particulière, à la fois celle d’avocats indépendants et celle de dirigeants ou de salariés d’une entreprise. »

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