Home NouvellesLe FBI cherche à interroger le sénateur Mark Kelly et les démocrates accusés par Trump

Le FBI cherche à interroger le sénateur Mark Kelly et les démocrates accusés par Trump

by Nicolas Lefèvre

Washington – Le FBI a confirmé mardi avoir ouvert une enquête sur le sénateur Mark Kelly (Arizona) et cinq autres élus démocrates, suite à la diffusion d’une vidéo controversée appelant les militaires américains à refuser d’exécuter des ordres illégaux. Cette affaire intervient après de vives critiques de l’ancien président Donald Trump, qui a dénoncé un « comportement séditieux ».

L’enquête porte sur le contenu de cette vidéo, publiée le 18 novembre, dans laquelle les élus encouragent les membres des forces armées à ne pas se soumettre à des ordres qu’ils jugeraient contraires à la loi. Outre Mark Kelly, la sénatrice Elissa Slotkin (Michigan) et les représentants Jason Crow (Colorado), Maggie Goodlander (New Hampshire), Chris Deluzio et Chrissy Houlahan (Pennsylvanie) figurent parmi les personnes visées par l’enquête.

Elissa Slotkin a déclaré que la division antiterroriste du FBI semblait enquêter sur elle en raison de cette vidéo, qu’elle a qualifiée de réponse à la désapprobation de Donald Trump. « Le fait que le président ordonne au FBI de nous cibler est précisément la raison pour laquelle nous avons réalisé cette vidéo », a-t-elle écrit sur son compte X (anciennement Twitter). « Il considère que le gouvernement fédéral est une arme contre ses adversaires et ne pense pas que les lois s’appliquent à lui ou à son administration. Il utilise l’intimidation judiciaire pour dissuader les gens de s’exprimer. »

Les autres élus concernés ont publié une déclaration commune dénonçant l’utilisation du FBI par Donald Trump comme « outil d’intimidation et de harcèlement ». Ils ont précisé que le FBI avait contacté les sergents d’armes du Congrès pour organiser des entretiens. « Aucune forme d’intimidation ou de harcèlement ne nous empêchera de faire notre travail et de respecter notre Constitution », ont-ils affirmé.

Le bureau de Mark Kelly a réagi en affirmant que le sénateur ne se laisserait pas intimider par les tentatives de Donald Trump et du secrétaire à la Défense Pete Hegseth de le faire taire. « Le sénateur Kelly ne sera pas réduit au silence », a déclaré un porte-parole.

L’affaire a pris une tournure plus personnelle lorsque Pete Hegseth a critiqué publiquement Mark Kelly pour avoir affiché ses médailles de la marine américaine. Il a remis en question la manière dont Kelly portait son uniforme, suggérant qu’une inspection serait nécessaire si le sénateur était rappelé au service actif.

Le Pentagone a annoncé lundi qu’il enquêtait sur des « allégations graves de mauvaise conduite » de Mark Kelly, en raison de son rôle dans la vidéo. Le sénateur, qui est capitaine de marine à la retraite, pourrait être rappelé au service actif et faire l’objet d’une cour martiale pour des violations potentielles du Code uniforme de justice militaire (UCMJ).

En réponse, Mark Kelly a publié une photo de lui en uniforme naval sur X, affirmant que l’enquête du Pentagone ne dissuaderait pas lui ni ses collègues de faire leur travail. « Nos lois sont claires : vous pouvez refuser les ordres illégaux », a-t-il rappelé.

La publication de la vidéo intervient dans un contexte de controverses concernant des frappes aériennes menées par l’armée américaine sous l’administration Trump contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue dans les Caraïbes et dans l’est de l’océan Pacifique. La légalité de ces opérations, menées sans l’autorisation du Congrès, a été remise en question.

Lundi, un groupe de sénateurs démocrates, dont Mark Kelly et Elissa Slotkin, ont demandé à Pete Hegseth et à la procureure générale Pam Bondi de déclassifier un avis juridique du ministère de la Justice concernant la base légale de ces frappes. Ils ont souligné que « peu de décisions sont plus lourdes de conséquences pour une démocratie que le recours à la force meurtrière » et que la transparence est essentielle pour garantir que le Congrès et le public soient pleinement informés.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.