Home AffairesLe Jockey Club et son ancien employé seront jugés la semaine prochaine

Le Jockey Club et son ancien employé seront jugés la semaine prochaine

by Amélie Bernard

Publié le 26 octobre 2023. L’hippodrome du Jockey Club est confronté à une action en justice intentée par un ancien responsable marketing, qui accuse l’entreprise de l’avoir poussé à bout en raison d’une charge de travail excessive et d’une restructuration mal gérée. L’affaire sera examinée devant un tribunal londonien la semaine prochaine.

Matthew Foxton-Duffy, qui était responsable de la zone comprenant les hippodromes de Cheltenham et d’Aintree, affirme avoir subi une “profonde réaction psychiatrique indésirable” suite à une réorganisation de ses responsabilités. Il soutient que la pression exercée sur lui a été telle qu’elle a eu des conséquences graves sur sa santé mentale.

Selon ses déclarations, ses fonctions ont été considérablement élargies en 2020 avec l’ajout des hippodromes d’Aintree, Haydock et Carlisle à son portefeuille. Il lui avait alors été demandé de générer 28 millions de livres sterling (environ 32,5 millions d’euros) de revenus supplémentaires grâce à la vente de billets. Or, il estime que l’équipe de soutien mise à sa disposition n’a pas été à la hauteur de ces nouvelles exigences.

Des documents déposés auprès du tribunal révèlent que M. Foxton-Duffy travaillait déjà à un rythme soutenu avant la restructuration. Il arrivait souvent au bureau à 7 heures du matin et ne le quittait pas avant 19 heures, sans prendre de pause. Il continuait à répondre à ses courriels en dehors des heures de travail et prenait rarement des congés, même pendant ses vacances.

Un de ses collègues aurait témoigné d’une détérioration notable de son état mental. Il aurait exprimé des sentiments de détresse, d’exaspération et de désespoir liés à son travail. Son sens de l’humour aurait disparu et il aurait même pleuré lors de réunions en ligne. Il aurait également manifesté une irritabilité inhabituelle envers ses collègues.

M. Foxton-Duffy se souvient d’une conversation particulièrement troublante avec un collègue, au cours de laquelle il aurait évoqué l’idée de détruire sa voiture en comptant les arbres sur le chemin du travail. Le Jockey Club conteste le bien-fondé de cette affirmation.

L’état de M. Foxton-Duffy se serait aggravé en janvier 2022, suite à l’annonce d’une nouvelle restructuration. Il a consulté son médecin le lendemain et s’est ensuite absenté de son travail. Ses avocats affirment qu’il souffre désormais d’un épisode dépressif sévère, ainsi que de troubles de stress post-traumatique, qui l’empêchent d’exercer des fonctions de direction.

Le Jockey Club, de son côté, nie toute négligence et soutient que M. Foxton-Duffy n’a manifesté aucun signe de stress ou de risque de problème psychiatrique avant d’être mis en congé. L’entreprise estime qu’il cherchait simplement à obtenir le poste de directeur national du marketing et a été déçu de ne pas être considéré comme le candidat idéal.

Le Jockey Club souligne également que M. Foxton-Duffy avait l’habitude de ne pas prendre tous ses jours de congés et qu’il affirmait ne pas savoir quoi faire de son temps libre s’il s’accordait une semaine ou deux de vacances. L’entreprise ajoute qu’il avait déjà des problèmes de comportement et d’irritabilité envers ses collègues depuis 2016, et qu’un coach avait été engagé pour l’aider à améliorer ses compétences relationnelles.

Enfin, le Jockey Club affirme que M. Foxton-Duffy ne l’a jamais informé de son état de stress avant de se déclarer malade.

L’audience devant la Cour royale de justice de Strand est prévue la semaine prochaine. Contacté, le Jockey Club a déclaré qu’il niait toute responsabilité et qu’il ne ferait aucun commentaire sur cette affaire en cours.

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