Un juge fédéral de l’Oregon a suspendu temporairement le déploiement de la Garde nationale à Portland, ordonnant à l’administration Trump de justifier sa décision. Cette décision intervient suite à une plainte déposée conjointement par l’État de l’Oregon et la ville de Portland, qui contestent la légalité de cette intervention.
La juge Karin Immergut a estimé que l’affaire soulève des questions fondamentales concernant les relations entre le gouvernement fédéral et les États, le rôle des forces militaires et de police, ainsi que l’équilibre des pouvoirs au sein de l’État. « Le respect de ces principes constitutionnels est essentiel pour garantir l’état de droit aux États-Unis », a-t-elle souligné dans sa décision.
Selon la juge, l’administration Trump n’a pas suffisamment justifié le déploiement de 200 membres de la Garde nationale de l’Oregon, qui devaient être placés sous contrôle fédéral pendant 60 jours pour protéger les biens fédéraux. Elle a relevé que les manifestations récentes devant le bâtiment de l’Immigration et de la Douane à Portland étaient restées globalement pacifiques et de petite envergure, ne justifiant pas une telle intervention.
« La décision du président ne repose pas sur des faits concrets », a-t-elle ajouté.
L’Oregon avait déjà exprimé son opposition à ce déploiement, qualifiant la description de Portland comme une ville « ravagée par la guerre » de ridicule. Les autorités locales affirmaient ne pas avoir besoin ni souhaiter l’intervention de troupes fédérales.
Cette décision fait suite à une tendance observée dans plusieurs villes américaines, notamment Los Angeles, Washington, Chicago et Memphis, où l’administration Trump avait déployé ou menacé de déployer des troupes. Récemment, un juge fédéral a également jugé illégal le déploiement de près de 4 700 soldats et gardes nationaux à Los Angeles, autorisant toutefois les 300 agents restants à rester sur place tant qu’ils ne s’impliquaient pas dans l’application de la loi civile.
En 2020, des agents fédéraux avaient déjà été envoyés à Portland, suscitant de vives critiques de la part des dirigeants locaux et de l’État, lors des manifestations consécutives au meurtre de George Floyd par la police de Minneapolis. Ces agents avaient été accusés d’utiliser la force de manière excessive, notamment en employant des gaz lacrymogènes et des munitions en caoutchouc, et en procédant à des arrestations arbitraires.
Une enquête ultérieure avait révélé que certains agents n’avaient pas reçu la formation adéquate pour mener à bien leur mission. L’administration avait finalement accepté de verser des indemnisations à plusieurs plaignants dans le cadre d’un règlement à l’amiable avec l’American Civil Liberties Union.
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