Publié le 22 mars 2024. Un jury du Minnesota a condamné Johnson & Johnson à verser 65,5 millions de dollars (environ 60,7 millions d’euros) à une femme estimant que l’utilisation de produits à base de talc de la marque l’a exposée à l’amiante et a contribué au développement d’un cancer des poumons.
- Anna Jean Houghton Carley, 37 ans, a obtenu gain de cause après avoir utilisé la poudre pour bébé de Johnson & Johnson durant son enfance.
- Le jury a estimé que l’entreprise connaissait le risque de contamination de ses produits par l’amiante, mais n’a pas averti les consommateurs.
- Johnson & Johnson a annoncé son intention de faire appel de la décision.
Le verdict intervient dans le cadre d’une longue série de litiges concernant les liens potentiels entre le talc utilisé dans les produits Johnson & Johnson (poudre pour bébé et poudre corporelle Shower to Shower) et divers cancers, notamment le mésothéliome et le cancer de l’ovaire. L’entreprise a cessé la vente de poudre à base de talc dans le monde entier en 2023.
Lors d’un procès de 13 jours devant le tribunal de district du comté de Ramsey, les avocats d’Anna Carley ont soutenu que Johnson & Johnson a commercialisé des produits contaminés par l’amiante, une substance cancérigène, sans informer les consommateurs des dangers potentiels. Ils ont souligné que la famille de la plaignante n’avait jamais été mise en garde contre les risques liés à l’utilisation de la poudre sur un enfant.
« Cette affaire ne portait pas seulement sur une indemnisation. Il s’agissait de vérité et de responsabilité. »
Ben Braly, avocat d’Anna Carley
Erik Haas, vice-président mondial du contentieux chez Johnson & Johnson, a déclaré que la poudre pour bébé de l’entreprise est sûre, ne contient pas d’amiante et ne provoque pas de cancer. Il s’attend à ce que la décision soit annulée en appel.
Récemment, un jury de Los Angeles a accordé 40 millions de dollars (environ 37,2 millions d’euros) à deux femmes affirmant que le talc de Johnson & Johnson avait causé leur cancer de l’ovaire. En octobre dernier, un autre jury californien a ordonné à l’entreprise de verser 966 millions de dollars (environ 897 millions d’euros) à la famille d’une femme décédée d’un mésothéliome, estimant que son cancer était lié à l’utilisation de la poudre pour bébé contaminée par de l’amiante.
Johnson & Johnson affirme que ces poursuites reposent sur des « données scientifiques discréditées », contredites par des décennies d’études prouvant la sécurité de sa poudre pour bébé. L’arrêt de la vente de la poudre à base de talc en 2023 est une décision préventive, selon l’entreprise.