Publié le 2024-02-29 10:00:00. La pneumopathie interstitielle, une affection pulmonaire souvent méconnue, se caractérise par une inflammation des tissus entourant les alvéoles, compromettant l’échange d’oxygène. Si elle peut être liée à des infections ou des expositions professionnelles, sa gravité réside dans un taux de mortalité significatif, particulièrement chez les patients hospitalisés.
- La pneumopathie interstitielle affecte le tissu conjonctif des poumons, rendant la respiration difficile.
- Les symptômes courants incluent un essoufflement, une toux sèche et de la fièvre, pouvant être confondus avec la grippe.
- La mortalité varie de 10 à 15 % chez les patients hospitalisés, et peut atteindre 50 % pour ceux nécessitant une ventilation assistée.
La pneumopathie interstitielle, comme l’explique le Dr Stefano Nava, directeur de pneumologie au Corriere della Sera, se manifeste par une atteinte de l’interstitium pulmonaire, ce tissu de soutien essentiel à l’oxygénation du sang. Les formes les plus fréquemment observées sont la pneumopathie interstitielle classique et la fibrose pulmonaire idiopathique. L’inflammation, souvent déclenchée par des infections virales, l’inhalation de substances chimiques irritantes ou certains médicaments, provoque une prolifération du tissu conjonctif, entravant ainsi le processus respiratoire.
Les symptômes de cette maladie peuvent varier selon l’âge des patients. Chez les personnes âgées, on note souvent une toux persistante, un essoufflement et une confusion mentale. Les jeunes patients présentent généralement une toux et une fièvre prolongées. Le diagnostic peut s’avérer délicat, car les premiers signes sont souvent subtils et peuvent être pris pour une simple grippe. Dans près de la moitié des cas, l’auscultation pulmonaire ne révèle pas d’anomalies évidentes, rendant le diagnostic plus complexe.
Le professeur Francesco Blasi, spécialiste des maladies respiratoires interrogé par Repubblica, souligne la gravité de la pneumopathie interstitielle.
« Dans les cas nécessitant une hospitalisation, la mortalité se situe entre 10 et 15 %, et elle peut grimper jusqu’à 50 % pour les patients qui doivent être placés sous ventilation assistée. »
Francesco Blasi, expert en maladies respiratoires
Il est important de surveiller sa saturation en oxygène, notamment à l’aide d’un oxymètre de pouls (appareil mesurant le taux d’oxygène dans le sang). Un taux inférieur à 92 % doit alerter, et une valeur en dessous de 90 % indique une insuffisance respiratoire.
Le Covid-19 est également considéré comme une forme de pneumopathie interstitielle, et les personnes atteintes de maladies respiratoires chroniques, de pathologies cardio-pulmonaires ou de diabète sont particulièrement vulnérables. La prévention repose en grande partie sur l’évitement de l’exposition aux polluants environnementaux et sur la vaccination. Le professeur Blasi rappelle l’importance des vaccins contre la grippe, le pneumocoque et le virus respiratoire syncytial (VRS) pour se protéger contre les micro-organismes susceptibles de provoquer cette maladie.
D’autres bactéries, telles que les mycoplasmes, les chlamydies ou les légionelles, ainsi que les virus saisonniers, peuvent également être à l’origine de la pneumopathie interstitielle.