Publié le 21 décembre 2025 21h32. Le Mali est étranglé par un blocus imposé par un groupe djihadiste lié à Al-Qaïda, paralysant la vie quotidienne à Bamako et mettant en évidence la fragilité de l’État.
- Un blocus sur les carburants, imposé par le JNIM, perturbe gravement l’approvisionnement du Mali.
- La capitale, Bamako, subit les conséquences directes : coupures d’électricité, fermetures d’écoles et pénuries dans les commerces.
- Des experts estiment que ce blocus s’inscrit dans une stratégie plus large de guerre économique menée par le groupe djihadiste.
Ces derniers mois, Bamako, la capitale malienne, vit au ralenti, confrontée à une crise silencieuse qui transforme le quotidien en un défi de survie. L’organisation djihadiste JNIM (Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin), affiliée à Al-Qaïda, a progressivement resserré son contrôle sur les principales voies d’approvisionnement en carburant, plongeant le pays dans une situation de quasi-isolement.
Les conséquences sont déjà visibles : des quartiers entiers sont privés d’électricité, les écoles peinent à fonctionner et les supermarchés voient leurs rayons se vider. Mais au-delà des difficultés matérielles, c’est surtout le sentiment d’un État défaillant qui prédomine.
« Nous devons considérer l’embargo ou le blocus sur le carburant du JNIM comme faisant partie de sa stratégie plus large de guerre économique »
Héni Nsaibia, analyste senior chez ACLED (Armed Conflict Location & Event Data Project – Données sur les lieux et les événements des conflits armés) pour l’Afrique de l’Ouest
Selon Héni Nsaibia, analyste senior au sein d’ACLED, ce blocus ne doit pas être perçu comme un acte isolé, mais comme un élément clé d’une stratégie plus vaste visant à déstabiliser le Mali sur le plan économique. Cette “guerre économique” menée par le JNIM vise à affaiblir le gouvernement militaire en place et à exacerber les difficultés de la population.
La situation actuelle soulève des inquiétudes quant à la capacité du Mali à faire face à cette crise et à garantir l’approvisionnement de ses citoyens en biens essentiels. Les prochains jours et semaines seront cruciaux pour déterminer si le gouvernement pourra trouver des solutions pour contourner le blocus et rétablir une situation normale.
