Publié le 7 décembre 2023 00:34:00. Les 70 résidents de la résidence Les Rosiers à Saint-Genis-Pouilly, dont le plus âgé a 99 ans, vivent un véritable calvaire depuis trois semaines : privés de chauffage suite à la succession de pannes de leur chaudière à gaz, ils doivent recourir à des solutions de fortune pour affronter le froid hivernal.
- Le système de chauffage de la résidence Les Rosiers est complètement à l’arrêt depuis le 14 novembre, plongeant les résidents dans le froid.
- Des radiateurs électriques d’appoint ont été distribués, mais s’avèrent insuffisants pour maintenir une température confortable, et l’accès à l’eau chaude reste limité.
- La Semcoda, le bailleur, rejette la responsabilité sur Engie, évoquant des difficultés d’approvisionnement en pièces détachées, tandis que le maire de Saint-Genis-Pouilly dénonce une situation de maltraitance envers les personnes âgées.
À Saint-Genis-Pouilly, dans le Pays de Gex, la température peine à dépasser les six degrés ce mercredi de début décembre. Mais le froid extérieur n’est rien comparé à celui que ressentent les locataires de la résidence Les Rosiers. Depuis le 14 novembre, l’immeuble est privé de chauffage central. La première des deux chaudières à gaz, déjà défaillante, est tombée en panne en octobre, nécessitant le remplacement d’un corps de chauffe. La seconde, censée servir de solution de secours, a rendu l’âme le mois dernier suite à une fissure.
Face à l’urgence, la Semcoda (Société d’économie mixte de construction du département de l’Ain), en tant que bailleur, a mis à disposition de chaque résident deux radiateurs électriques d’appoint, surnommés « grille-pain » par les occupants. L’eau chaude est revenue, mais de manière aléatoire, grâce à l’installation d’un ballon de 500 litres.
Les locataires, exaspérés, témoignent de conditions de vie précaires. Certains renoncent à prendre une douche depuis trois semaines. Le moral est au plus bas. Ils racontent leur quotidien, préférant l’anonymat par crainte de représailles :
« On arrive à avoir péniblement 19 degrés dans la pièce de vie en mettant le chauffage, jour et nuit. Dans les autres pièces, c’est 14 degrés. Le matin, on est congelés ! »
Locataire de la résidence Les Rosiers
L’accès à l’eau chaude est également source de frustration :
« C’est premiers arrivés, premiers servis. Et elle est à peine tiède ! Donc on se trimbale avec des casseroles d’eau chaude dans les appartements. »
Locataire de la résidence Les Rosiers
Les résidents s’inquiètent de la dangerosité de la situation, d’autant que la résidence accueille des personnes fragiles, malades ou à mobilité réduite.
« Un jour, il va y avoir un drame. Quelqu’un va s’ébouillanter. »
Locataire de la résidence Les Rosiers
La facture de chauffage à venir est également une source d’angoisse. Nombre d’entre eux doivent puiser dans leurs économies pour faire face au surcoût lié à l’utilisation des radiateurs électriques, en attendant une régularisation des charges.
« Avec nos petits revenus, ce n’est pas possible de continuer comme ça. »
Locataire de la résidence Les Rosiers
Une « médiatrice » a été envoyée lundi dernier pour tenter d’apaiser les tensions, mais sa venue a été perçue comme un échec.
« Elle est arrivée les mains dans les poches, ne connaissait pas le dossier et ne nous a donné aucune date de remise en état du chauffage. »
Retraité, locataire de la résidence Les Rosiers
Contactée, Nadia Diaf, directrice de la gestion immobilière de la Semcoda, affirme ne pas avoir été informée de cette réunion et rejette la responsabilité sur Engie. Elle explique que la pièce défectueuse n’est pas en stock et doit être fabriquée. La Semcoda se dédouane de toute responsabilité, soulignant que les chaudières sont régulièrement révisées, mais que des pannes peuvent survenir.
Initialement, la remise en service du chauffage était prévue début décembre. Le bailleur évoque désormais la semaine 50 du calendrier, soit la semaine à venir, et promet une remise en service de l’eau chaude dans les jours qui suivent. Les habitants restent cependant sceptiques.
« Si la date change encore, on risque de se retrouver sans chauffage à Noël. »
Locataire de la résidence Les Rosiers
Le maire de Saint-Genis-Pouilly, Hubert Bertrand, a exprimé son indignation face à cette situation, la qualifiant de « quasiment de maltraitance de personnes âgées ». Il dénonce un déficit de maintenance caractérisé au sein de la résidence et remet en question la capacité de la Semcoda à gérer son patrimoine.
