Home AffairesLe ministre turc de l’Energie met en garde contre une menace pour les approvisionnements en pétrole et en gaz

Le ministre turc de l’Energie met en garde contre une menace pour les approvisionnements en pétrole et en gaz

by Amélie Bernard

Publié le 29 novembre 2023. La Turquie exprime sa vive inquiétude après des attaques récentes contre des pétroliers en mer Noire et appelle à la protection des infrastructures énergétiques vitales, notamment les gazoducs reliant la Russie au pays, au moment où elle cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement.

  • Le ministre turc de l’Énergie a appelé à la protection des infrastructures énergétiques en mer Noire après des attaques contre des pétroliers russes.
  • La Turquie s’inquiète également de la sécurité des gazoducs Blue Stream et Turk Stream, qui transportent le gaz russe vers le pays.
  • Ankara est confrontée à des pressions occidentales pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures russes, tout en défendant la fiabilité de ses partenaires commerciaux actuels.

Les autorités turques ont exprimé leur préoccupation face à une série d’incidents maritimes en mer Noire, qui mettent en péril la sécurité des navires transportant du pétrole et du gaz. Alparslan Bayraktar, le ministre turc de l’Énergie, a souligné l’importance de préserver ces voies d’approvisionnement, rappelant le sabotage du gazoduc Nord Stream en 2022 entre la Russie et l’Allemagne.

L’Ukraine a revendiqué la responsabilité d’attaques de drones navals contre deux pétroliers le 28 novembre, et un troisième navire a été touché mardi alors qu’il se dirigeait vers le port turc de Sinop. Le président Recep Tayyip Erdogan a fermement condamné ces actions, les qualifiant de menace pour « la sécurité de la navigation, la vie et l’environnement, en particulier dans notre propre zone exclusive ».

La Turquie dépend fortement des hydrocarbures russes, qui couvrent près de la moitié de ses besoins énergétiques totaux. Cette dépendance a suscité des critiques de la part de Washington, qui encourage Ankara à diversifier ses sources d’approvisionnement. Lors de sa visite à la Maison Blanche en septembre, Donald Trump a exhorté le président Erdogan à réduire ses liens avec Moscou, notamment dans le secteur énergétique. À cette occasion, des entreprises turques ont signé un accord de plusieurs milliards de dollars avec des entreprises américaines pour l’achat de gaz naturel liquéfié.

Malgré ces pressions, le ministre Bayraktar a défendu les achats de pétrole et de gaz russes, soulignant la fiabilité de la Russie en tant que fournisseur depuis les années 1980, lorsque la Turquie a commencé à adopter le gaz comme source d’énergie. Il a toutefois reconnu la nécessité d’un « portefeuille d’approvisionnement équilibré », affirmant que la Turquie ne souhaite pas dépendre d’un seul pays fournisseur.

La société pétrolière et gazière publique turque BOTAS a récemment finalisé un contrat avec Gazprom, l’entreprise russe, pour la fourniture de gaz. Parallèlement, la Turquie et la Russie collaborent dans le domaine de l’énergie nucléaire. Rosatom, une entreprise publique russe, est en charge de la construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu sur la côte méditerranéenne turque, qui devrait produire environ 10 % de l’électricité du pays une fois opérationnelle.

Le projet d’Akkuyu a connu des retards, notamment en raison des sanctions imposées à la Russie suite à l’invasion de l’Ukraine en 2022. La première électricité devrait être produite l’année prochaine, selon le ministre Bayraktar. Les promoteurs du projet ont dû se tourner vers la Chine pour obtenir des composants que les entreprises occidentales refusaient de fournir en raison des sanctions. Le projet souffre également de problèmes de financement, avec 2 milliards de dollars « bloqués chez JP Morgan depuis longtemps » suite au gel des avoirs russes par l’Occident. « Nous devons jouer un rôle de médiateur pour débloquer cet argent, car il sera utilisé dans le projet », a conclu le ministre.

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