Publié le 16 décembre 2025. Des études récentes révèlent une augmentation inquiétante des facteurs de risque cardiovasculaire chez les jeunes adultes brésiliens, un phénomène autrefois associé à des tranches d’âge plus avancées. Ce constat alerte les cardiologues sur l’impact croissant des modes de vie modernes sur la santé cardiaque.
- Près d’un jeune adulte sur quatre présente déjà des signes de troubles de la tension artérielle ou du cholestérol avant l’âge de 40 ans.
- 7,3 % des adultes de 18 à 39 ans souffrent d’hypertension, et 8,8 % présentent un taux de cholestérol élevé.
- Les mauvaises habitudes de vie, telles que la sédentarité, une alimentation déséquilibrée et l’utilisation de stimulants, sont pointées du doigt.
Les cardiologues brésiliens tirent la sonnette d’alarme : les maladies cardiovasculaires, longtemps considérées comme un problème de personnes âgées, touchent désormais une population de plus en plus jeune. Des données issues de l’Enquête nationale sur les examens de santé et de nutrition montrent que 7,3 % des adultes âgés de 18 à 39 ans sont déjà atteints d’hypertension et 8,8 % présentent un taux de cholestérol élevé. De plus, 26,9 % souffrent d’hypertension artérielle et 21,6 % ont un taux de cholestérol limite, souvent non diagnostiqué.
Le cardiologue Aloisio Barbosa da Silva confirme cette tendance : « Nous avons toujours entendu dire que les crises cardiaques, l’hypertension et les arythmies étaient considérées comme des problèmes chez les personnes âgées. Mais ce n’est plus notre réalité, ni au Brésil ni dans le reste du monde. » Il souligne que ces chiffres sont directement liés à l’adoption de mauvaises habitudes qui entraînent un dysfonctionnement métabolique.
La professeure de cardiologie Sarah Fagundes Grobe, de l’École de médecine de l’Université pontificale catholique du Paraná (PUCPR) et membre du Comité de communication de la Société brésilienne de cardiologie (SBC), confirme également une augmentation du risque cardiovasculaire chez les jeunes adultes, hommes et femmes. Elle explique que les femmes présentent des facteurs de risque spécifiques, tels que les complications liées à la grossesse (éclampsie, pré-éclampsie, diabète gestationnel) et la ménopause précoce, qui peuvent accélérer l’apparition de problèmes cardiaques.
Chez les hommes, les facteurs de risque sont souvent liés à un mode de vie plus sédentaire, à une alimentation ultra-transformée, à de longues heures de travail, à l’utilisation de stimulants pour améliorer les performances ou rester éveillés, à la consommation excessive d’alcool, au manque de sommeil et à l’abus de stéroïdes anabolisants. La professeure Grobe met en garde contre les dangers de ces substances :
« Une étude récente montre l’incidence des maladies cardiovasculaires chez les patients qui utilisent des stéroïdes anabolisants, principalement. Il s’agit d’une relation très robuste et cohérente et d’un risque quelque peu silencieux qui, parfois, donne une fausse impression de sécurité qu’il y a un médecin qui le surveille. Mais, en fait, ce patient est seul. »
Sarah Fagundes Grobe, Professeure de cardiologie, PUCPR et membre de la SBC
Selon le Dr. Barbosa da Silva, les jeunes sont de plus en plus sédentaires, adoptent une alimentation déséquilibrée, développent des addictions plus tôt et ont des horaires de vie irréguliers. « On constate aujourd’hui, de plus en plus, une dépendance à l’écran et moins d’activité réelle. »
Pour prévenir ces problèmes, les experts insistent sur l’importance d’un mode de vie sain. La professeure Grobe souligne :
« Nous savons que le monde entier d’aujourd’hui est constamment surchargé de travail, d’anxiété, de stimuli et que les hommes plus jeunes recherchent inlassablement le bonheur et de bonnes performances. Pour ce faire, ils utilisent des médicaments pour se réveiller, dormir, rester concentrés, alors qu’ils doivent valoriser un mode de vie sain, dormir suffisamment, pratiquer au moins 150 minutes par semaine d’exercice physique d’activité modérée à élevée, prendre soin de leur spiritualité, une alimentation plus équilibrée, maintenir leur poids. De cette façon, nous pourrions éviter ou retarder l’apparition de ces maladies pendant longtemps. »
Sarah Fagundes Grobe, Professeure de cardiologie, PUCPR et membre de la SBC
Le Dr. Aloisio Barbosa da Silva insiste sur la nécessité d’un suivi médical régulier, dès l’âge de 20 ans : « Aller chez le médecin, qu’il s’agisse d’un médecin généraliste ou d’un cardiologue, est essentiel pour démarrer un check-up au moins à partir de 20 ans. » Il observe également une augmentation de l’obésité dès l’adolescence, un facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires.
Les experts recommandent une alimentation riche en aliments naturels, en légumes et en feuilles, une activité physique régulière, l’absence de tabagisme, une consommation modérée d’alcool, un sommeil suffisant et le contrôle du poids. Des examens réguliers, tels que la mesure de la tension artérielle et des tests de cholestérol, sont également essentiels, ainsi que la mesure du LPA (Lipoprotéine(a)), un marqueur génétique du risque de maladie cardiaque.
Enfin, les médecins soulignent que les hommes ont souvent moins l’habitude de consulter un médecin à des fins préventives que les femmes. Il est donc crucial de sensibiliser les jeunes hommes à l’importance d’un suivi médical régulier pour détecter et prévenir les maladies cardiovasculaires.
Une étude menée en Espagne a révélé qu’environ 18 % des jeunes adultes souffraient de prédiabète, d’hypertension ou de dyslipidémie, tandis que près de la moitié étaient en surpoids ou physiquement inactifs. Le cardiologue Aloisio Barbosa da Silva a souligné que les boissons énergisantes, les pré-entraînements, les médicaments stimulants et les cigarettes électroniques contribuent à l’inflammation vasculaire, à l’augmentation de la pression et au risque d’arythmies.
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