Les marchés boursiers affichent un dynamisme surprenant en fin d’année, porté par l’intérêt croissant des investisseurs institutionnels pour les valeurs solides bénéficiant d’avis favorables. Cette tendance laisse présager un début d’année 2026 prometteur, avec des bénéfices records en vue et une croissance du produit intérieur brut (PIB) estimée à 5 %.
Cette croissance économique robuste ne devrait pas engendrer d’inflation, pour plusieurs raisons. Premièrement, l’inflation reste à son plus bas niveau depuis cinq ans. Deuxièmement, l’importation de produits à bas prix en provenance de Chine, comme des téléviseurs TCL de 98 pouces vendus à 1 600 dollars (environ 1 460 euros), exerce une pression déflationniste. Troisièmement, le ralentissement démographique mondial, et la diminution du nombre de foyers qui en découle, contribuent naturellement à une baisse des prix.
Les économistes sont traditionnellement formés à lutter contre la déflation, et de nouvelles baisses des taux d’intérêt, d’au moins 1 %, sont anticipées, conformément aux recommandations de Christopher Waller, gouverneur influent de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Cette conjoncture favorable – stimulée par le rapatriement d’investissements massifs, l’essor des centres de données, la faiblesse des prix du pétrole brut, la réduction du déficit commercial grâce à une augmentation des exportations, les gains de productivité liés à l’intelligence artificielle et désormais des taux d’intérêt plus bas – crée, selon certains, un véritable « nirvana économique ». Malgré cet optimisme, des facteurs de risque existent.
Les tensions géopolitiques, notamment le conflit entre l’Ukraine et la Russie, un éventuel blocus naval du Venezuela et une possible implosion de l’Union européenne (UE), représentent les principales menaces pour cette prospérité.
Les récentes manifestations agricoles à Londres, Bruxelles et Paris illustrent le mécontentement croissant face aux politiques économiques menées par les élites dirigeantes. Au Royaume-Uni, les protestations portent principalement sur les droits de succession et les réglementations jugées trop contraignantes. Dans l’UE, les objectifs de neutralité carbone, qui ont conduit certains agriculteurs à réduire leurs cheptels pour limiter les émissions de méthane, ont provoqué des réactions virulentes, comme en témoignent les jets de fumier sur des bâtiments gouvernementaux à Bruxelles et à Paris.
L’Allemagne plaide pour la signature d’un accord de libre-échange entre l’UE et l’Amérique latine afin de réduire les prix des denrées alimentaires. Cependant, l’Italie et d’autres pays européens souhaitent protéger leurs agriculteurs des concurrents latino-américains qui ne sont pas soumis aux mêmes réglementations environnementales strictes.
Conçue initialement comme une union monétaire et syndicale, l’UE est perçue par certains comme une machine politique bureaucratique qui entrave la prospérité économique. Un éclatement de l’UE reste une possibilité.
Par ailleurs, les cryptomonnaies pourraient connaître une année 2025 difficile. Les principaux fonds négociés en bourse (ETF) liés aux cryptomonnaies présentent des problèmes de valorisation importants. Avec l’or en hausse de plus de 60 % en 2025 et la plupart des cryptomonnaies en territoire négatif, un transfert des investissements vers l’or pourrait se produire.
Selon le Wall Street Journal, le blocus naval américain contre le Venezuela affecte Cuba, qui souffre d’une grave pénurie d’électricité et d’une insécurité alimentaire croissante. Cuba dépendant du pétrole brut vénézuélien pour produire de l’électricité, les coupures de courant se multiplient, entraînant une pénurie de biens essentiels.
Les États-Unis, malgré ces défis mondiaux, restent une destination privilégiée pour les investissements. Le dollar américain devrait se renforcer en 2026, en raison de la faiblesse des alternatives et du risque de dévaluations monétaires, notamment en Chine, confrontée à une déflation persistante qui érode le pouvoir d’achat.
