Publié le 30 novembre 2023 07:18:00. Le pape Léon XIV a achevé une visite de quatre jours en Turquie, marquée par un accueil chaleureux de la communauté chrétienne locale, avant de se diriger vers le Liban avec un appel à la paix dans un pays confronté à de multiples crises.
- Le pape Léon XIV a rencontré le président turc Recep Tayyip Erdogan et participé à des célébrations commémorant les 1 700 ans du concile de Nicée.
- Il a signé avec le patriarche Bartholomée Ier une déclaration commune en faveur de l’unité chrétienne et a réaffirmé l’importance de trouver une date commune pour Pâques.
- Ce voyage, le premier à l’étranger depuis son élection, intervient dans un contexte de tensions géopolitiques et de fragilité au Moyen-Orient.
Le voyage du pape Léon XIV en Turquie s’est achevé ce vendredi, après une série de rencontres et de célébrations qui ont mis en lumière la présence, bien que discrète, de la communauté chrétienne du pays. Arrivé en Turquie, le premier pape américain a été reçu par le président Recep Tayyip Erdogan, avant de se rendre à Iznik, l’ancienne Nicée, pour commémorer le 1 700e anniversaire du premier concile œcuménique, un événement fondateur de l’histoire de l’Église.
À Istanbul, des milliers de fidèles, venus de toute la Turquie, ont bravé les intempéries pour assister à une messe célébrée par le pape. Il a également participé à un service de prière à la cathédrale arménienne et a dirigé une liturgie divine à l’église patriarcale de Saint-Georges. Avant son départ, le pape a déjeuné avec le patriarche Bartholomée Ier, chef des chrétiens orthodoxes du monde. Cette rencontre a été l’occasion de signer une déclaration commune dans laquelle les deux leaders religieux s’engagent à œuvrer pour « de nouveaux pas courageux sur le chemin de l’unité ».
Malgré les divergences doctrinales qui ont conduit au Grand Schisme de 1054, séparant l’Église catholique romaine d’Occident et l’Église orthodoxe orientale, le dialogue entre les deux confessions se poursuit. Les deux Églises ont également réaffirmé leur volonté de trouver une date commune pour la célébration de Pâques, actuellement célébrée à des dates différentes.
Ce voyage s’inscrit dans un contexte régional particulièrement tendu. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a exacerbé les divisions au sein du monde orthodoxe, notamment entre les patriarcats de Moscou et de Constantinople. Le Liban, destination suivante du pape, est confronté à une crise économique et politique majeure, aggravée par l’explosion du port de Beyrouth en 2020 et les récents affrontements avec Israël.
Le pape Léon XIV est le cinquième pontife à visiter la Turquie, après Paul VI (1967), Jean-Paul II (1979), Benoît XVI (2006) et François (2014). Il a quitté Istanbul à 11h45, heure irlandaise, pour se rendre à Beyrouth, où il séjournera jusqu’à mardi. Ce déplacement de six jours dans deux pays constitue un premier test diplomatique important pour le nouveau pape, élu en mai dernier.
Bien que la visite du pape ait suscité un intérêt limité en Turquie, pays à majorité musulmane comptant environ 100 000 chrétiens, elle est attendue avec impatience au Liban, où la diversité religieuse est une caractéristique essentielle de la société.
