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Le Parti québécois promet une nouvelle loi pour protéger la liberté d’expression

by Amélie Bernard

Publié le 27 novembre 2025 à 12h02. Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, s’engage à abroger les dispositions des lois actuellement en cours d’adoption qui, selon lui, menacent la liberté d’expression au Québec, notamment celles visant les syndicats et les médecins.

  • Paul St-Pierre Plamondon critique des articles des projets de loi 1 et 3, ainsi que de la loi 2, qu’il juge attentatoires à la liberté d’expression.
  • Il promet d’abolir ces articles s’il est élu premier ministre, et de mettre en place une nouvelle loi pour protéger cette liberté.
  • Le Barreau du Québec s’est également exprimé contre ces mesures, craignant une « érosion de l’État de droit ».

Le chef du Parti québécois (PQ) s’inquiète particulièrement de la volonté du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) de limiter la capacité des groupes comme les syndicats et les fédérations de médecins à exprimer publiquement leurs opinions. Selon M. St-Pierre Plamondon, ces mesures constituent une atteinte inacceptable à un principe fondamental de la démocratie.

Plus précisément, il dénonce une disposition de la Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec qui empêcherait les organismes de financer des campagnes contre certaines lois, ainsi que des mesures de la Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail qui encadreraient l’utilisation des fonds syndicaux. Il estime que ces restrictions pourraient étendre à terme à d’autres organismes parapublics.

« Là, c’est les syndicats, puis c’est les médecins, mais ensuite ça va être les ordres professionnels, puis n’importe quel organisme parapublic. À un moment donné, ça finit où? »

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Le gouvernement Legault justifie ces mesures en évoquant notamment les recours judiciaires intentés par la Commission scolaire English-Montréal et la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) contre certaines dispositions de la Loi sur la laïcité de l’État. M. St-Pierre Plamondon conteste cette justification, affirmant qu’il est possible d’améliorer la transparence et la reddition de comptes au sein des syndicats sans pour autant museler leur liberté d’expression.

« On peut avoir des désaccords importants avec des syndicats ou une fédération de médecins, il peut y avoir des négociations ardues, mais le Parti québécois pense que limiter la liberté d’expression dans une société, c’est toujours la mauvaise réponse. »

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

En ce qui concerne la loi 2, qui modifie le mode de rémunération des médecins, le PQ promet de retirer les mesures de surveillance que le ministre de la Santé, Christian Dubé, et la présidente du Conseil du Trésor, France-Élaine Duranceau, s’étaient engagés à ne pas appliquer. M. St-Pierre Plamondon souligne que cette loi interdit explicitement aux médecins de commenter publiquement son contenu.

Il précise toutefois qu’il pourrait être ouvert à certaines modifications de la loi 2, notamment en ce qui concerne la fixation des objectifs de performance imposés aux médecins. Il s’était d’ailleurs déclaré favorable à une réforme du mode de rémunération des médecins, tout en souhaitant conserver certains aspects de la réforme actuelle.

Le Barreau du Québec avait également exprimé ses préoccupations le 13 novembre dernier, demandant le retrait des mêmes articles, par crainte d’une érosion de l’État de droit. Le bâtonnier du Québec, Me Marcel-Olivier Nadeau, avait alors évoqué des risques de dérive autoritaire.

« Je préfère que les gens s’expriment et débattent sur le fond que d’être dans une société qui, petit à petit, contraint tout le monde à une forme de mutisme. »

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

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