Home AffairesLe PDG israélien de la technologie, Shlomo Kramer, appelle les États-Unis à limiter les droits du premier amendement

Le PDG israélien de la technologie, Shlomo Kramer, appelle les États-Unis à limiter les droits du premier amendement

by Amélie Bernard

La liberté d’expression pourrait devoir être restreinte pour protéger les démocraties face aux menaces posées par l’intelligence artificielle, a affirmé lundi Shlomo Kramer, cofondateur de Cato Networks. L’entrepreneur israélien estime que les gouvernements doivent prendre le contrôle des plateformes en ligne pour contrer la désinformation et préserver la stabilité.

Lors de l’émission « Money Movers » de CNBC, l’animateur Sara Eisen a interrogé Kramer sur l’impact de la cyberguerre alimentée par l’IA sur la géopolitique. Kramer a souligné que l’IA révolutionnait déjà le paysage de la cyberguerre, affectant les infrastructures critiques et le tissu social et politique. Il a mis en avant le fait que cette évolution offrait un avantage aux régimes autoritaires par rapport aux pays démocratiques.

« Vous constatez une polarisation dans les pays qui autorisent et protègent le premier amendement, ce qui est formidable. Et je sais que c’est difficile à entendre, mais il est temps de limiter le premier amendement afin de le protéger », a déclaré Kramer, suscitant une vive réaction sur les réseaux sociaux. Il a précisé qu’il préconisait un contrôle gouvernemental des médias sociaux, avec une évaluation de l’authenticité des utilisateurs et une régulation de leurs propos.

« Le gouvernement devrait le faire, oui », a-t-il affirmé, ajoutant que des programmes de cyberdéfense plus sophistiqués étaient nécessaires, en particulier face à un déséquilibre actuel où les attaques sont 100 fois plus nombreuses que les défenses.

Kramer a souligné que la technologie évolue plus rapidement que la capacité des systèmes politiques à s’adapter, et qu’il est donc nécessaire d’utiliser la technologie pour stabiliser ces systèmes, même si cela implique des mesures impopulaires.

Il a mis en garde contre le fait que la Chine, en contrôlant étroitement le discours en ligne, bénéficie d’un avantage sur les États-Unis, où la liberté d’expression est largement préservée. « Si la Chine a un discours unique qui protège sa stabilité intérieure et que les États-Unis autorisent plusieurs récits, cela leur donne un avantage injuste qui, à long terme, va coûter la stabilité de la nation », a-t-il expliqué.

L’intervention de Kramer a provoqué une levée de boucliers parmi les défenseurs de la liberté d’expression. Andrew Gruel, un commentateur conservateur, a dénoncé sur X (anciennement Twitter) une pente glissante vers des mesures répressives. D’autres ont qualifié les propos de Kramer de « charabia communiste ».

Cette discussion intervient dans un contexte de tensions géopolitiques, notamment avec la rencontre lundi entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien président américain Donald Trump à Mar-a-Lago. Elle fait également suite à des avertissements récents d’officiels israéliens concernant l’imminence d’une première guerre cybernétique mondiale.

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