Une tension vive s’est emparée des relations entre les États-Unis et le Venezuela après la saisie d’un pétrolier par les forces américaines au large des côtes vénézuéliennes. Washington a annoncé, jeudi, que le navire serait acheminé vers un port américain, une action qui intervient dans un contexte de craintes grandissantes d’une escalade du conflit entre les deux pays.
Selon la Maison Blanche, l’opération visait à démanteler un réseau lié au régime du président vénézuélien Nicolás Maduro. La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a affirmé que l’intervention avait pour objectif de contrer les activités du gouvernement vénézuélien. « Nous n’allons pas rester les bras croisés et regarder des navires sanctionnés naviguer sur les mers avec du pétrole du marché noir, dont les profits alimenteront le narcoterrorisme des régimes voyous et illégitimes à travers le monde », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, aux journalistes.
L’administration du président Donald Trump intensifie la pression sur le Venezuela depuis des mois, notamment par un renforcement de sa présence navale dans la région et des opérations contre des bateaux impliqués dans le trafic de drogue, qui ont fait près de 90 morts. Une vidéo diffusée par la procureure générale américaine, Pam Bondi, montre les forces spéciales américaines descendant en rappel d’un hélicoptère sur le pont du pétrolier, armes au poing.
Le Venezuela a fermement condamné cette saisie, la qualifiant de « vol flagrant » et d’« acte de piraterie internationale ». « Ils ont kidnappé l’équipage, volé le navire et ont inauguré une nouvelle ère, celle de la piraterie navale criminelle dans les Caraïbes », a dénoncé Nicolás Maduro lors d’un événement public. Il a promis de sécuriser tous les navires afin de garantir le libre-échange de pétrole vénézuélien.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé son inquiétude face à la montée des tensions et a appelé toutes les parties à la retenue. « Nous appelons tous les acteurs à s’abstenir de toute action susceptible d’aggraver davantage les tensions bilatérales et de déstabiliser le Venezuela et la région », a déclaré son porte-parole.
Par ailleurs, des médias américains ont rapporté que le pétrolier se dirigeait initialement vers Cuba, un autre pays opposé aux États-Unis, avant d’être intercepté par les garde-côtes américains. Le sénateur démocrate Dick Durbin a remis en question la légalité de la saisie, estimant qu’un acte de guerre nécessiterait l’approbation du Congrès. « Ce président se prépare à une invasion du Venezuela. Et si le peuple américain est favorable à cela, je serais surpris », a-t-il déclaré à CNN.
Washington accuse Maduro de diriger le prétendu « Cartel des Soleils », qu’il a qualifié le mois dernier d’« organisation narcoterroriste », et a offert une récompense de 50 millions de dollars pour toute information permettant sa capture. Le Trésor américain a également annoncé de nouvelles sanctions contre trois proches de Maduro et six entreprises impliquées dans le transport du pétrole vénézuélien. Donald Trump a affirmé lundi que « les jours de Maduro sont comptés » et n’a pas exclu une intervention militaire américaine sur le sol vénézuélien. L’administration américaine conteste la légitimité du pouvoir de Maduro, estimant qu’il a truqué les élections de juillet 2024. Maduro, quant à lui, dénonce une volonté américaine de changement de régime et une convoitise des réserves pétrolières du Venezuela.
