Home AffairesLe prestigieux MIT rejette les priorités de l’administration Trump en matière d’éducation supérieure

Le prestigieux MIT rejette les priorités de l’administration Trump en matière d’éducation supérieure

by Amélie Bernard

Publié le 11 octobre 2024 01:04:00. L’administration américaine met la pression sur plusieurs universités prestigieuses, leur demandant de modifier leurs politiques d’admission et de gouvernance sous peine de perdre des financements fédéraux. En ligne de mire, une volonté affichée de lutter contre ce qui est perçu comme une hostilité envers les idées conservatrices sur les campus.

  • Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a refusé de signer un accord proposé par l’administration américaine en échange d’avantages financiers.
  • Les universités sont invitées à exclure certains critères, tels que l’orientation sexuelle ou les opinions politiques, de leurs processus d’admission et de recrutement.
  • L’administration Trump souhaite également imposer des définitions biologiques strictes du genre et réviser les structures de gouvernance pour contrer une supposée « idéologie dominante ».

La présidente du MIT, Sally Kornbluth, a annoncé la décision de son établissement de ne pas adhérer aux exigences de l’administration américaine. Dans une lettre adressée à la ministre de l’Éducation Linda McMahon, elle explique que « le document inclut des principes avec lesquels nous ne sommes pas d’accord, dont certains qui restreindraient la liberté d’expression et notre indépendance en tant qu’institution ».

La proposition gouvernementale, adressée à neuf universités début octobre, exige notamment que les établissements excluent des facteurs tels que le sexe, l’ethnicité, la race, la nationalité, les opinions politiques, l’orientation sexuelle, l’identité de genre et les affiliations religieuses de leurs processus d’admission, d’attribution des bourses et de recrutement du personnel. Au-delà de ces critères, l’administration Trump demande également aux universités d’adopter des définitions « biologiques » du masculin et du féminin pour l’accès aux toilettes et aux compétitions sportives.

L’administration américaine souhaite également que les universités « révisent leurs structures de gouvernance » afin d’empêcher une « idéologie dominante » et de « transformer ou abolir les institutions qui punissent, rabaissent et même incitent à la violence contre les idées conservatrices ». Les universités qui refuseraient de se conformer à ces principes pourraient se voir priver d’avantages fédéraux, notamment en matière de prêts étudiants, de subventions, de financement de la recherche et de fiscalité.

Outre le MIT, les universités d’Arizona, de Pennsylvanie, de Californie du Sud, du Texas et de Virginie, ainsi que Brown, Dartmouth et Vanderbilt ont reçu cette proposition. Elles doivent faire connaître leur position avant le 20 octobre.

Cette offensive s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump, qui a déjà intensifié la pression sur des universités comme Harvard ou Columbia, accusées d’antisémitisme suite à des manifestations pro-palestiniennes en 2024. Le président américain a notamment gelé les subventions fédérales allouées à la recherche dans ces établissements.

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