Publié le 14 novembre 2025 à 06h20. Apple conteste les effets du Digital Markets Act (DMA) européen en publiant une étude qui remet en question l’impact attendu de la loi sur les prix des applications, affirmant que les économies réalisées ne profitent pas aux consommateurs.
- Une étude commandée par Apple révèle que la majorité des développeurs d’applications n’ont pas réduit leurs prix après l’entrée en vigueur du DMA.
- Plus de 86 % des économies générées par la diminution des frais d’Apple ont été réalisées par des développeurs situés en dehors de l’Union européenne.
- Apple critique le DMA, estimant qu’il nuit à la sécurité, à la confidentialité et à l’innovation, tandis que d’autres entreprises, comme Opera, en bénéficient.
Apple s’oppose fermement à la mise en œuvre du Digital Markets Act (DMA) européen, une législation visant à limiter le pouvoir des grandes entreprises technologiques et à favoriser la concurrence. Pour étayer ses arguments, le géant américain a commandé une analyse approfondie des transactions sur l’App Store, portant sur 41 millions d’opérations, dont 21 000 applications payantes ou proposant des achats intégrés. L’étude compare les prix pratiqués avant et après l’introduction des nouvelles règles de paiement alternatives.
Les résultats de cette analyse, selon Apple, sont éloquents : 86 % des applications n’ont pas modifié leurs prix, malgré une baisse moyenne de 10 % des frais de développement facturés par Apple. Pire encore, 5 % des applications sont même devenues plus chères, tandis que seulement 9 % ont vu leur prix diminuer, et ce, d’une moyenne de 2,5 %. Ces chiffres contredisent l’objectif affiché par l’UE, qui espérait que le DMA se traduirait par des prix plus abordables pour les utilisateurs d’iPhone.
L’étude révèle également que les économies réalisées grâce à la réduction des frais d’Apple ne profitent pas majoritairement aux consommateurs européens. Les cinq principaux développeurs d’applications de l’UE n’ont pas revu leurs prix à la baisse, préférant réinvestir la différence dans leurs bénéfices. Au total, 20,1 millions d’euros de frais ont été économisés par les développeurs après l’entrée en vigueur du DMA, mais plus de 86 % de ces économies ont été captées par des entreprises basées en dehors de l’UE.
Il est important de noter que cette étude a été commandée par Apple et n’est donc pas indépendante. Le groupe n’a pas précisé si d’autres entités avaient contribué financièrement à sa réalisation. Cette situation rappelle celle de Google, qui a récemment financé une étude concluant à la sécurité supérieure d’Android, une plateforme concurrente d’iOS. En savoir plus sur la sécurité d’Android.
« Le règlement sur les marchés numériques n’a pas tenu ses promesses, ce qui a entraîné moins de sécurité, moins de confidentialité et une expérience moins bonne pour les consommateurs à travers l’Europe. Cette étude constitue une preuve supplémentaire que ce règlement ne profite pas aux consommateurs sous la forme de prix plus bas. Dans le même temps, nous savons qu’il crée de nouveaux obstacles pour les innovateurs et les start-ups, tout en exposant les consommateurs à de nouveaux risques. »
Apple
L’étude d’Apple se concentre uniquement sur les données de l’App Store et les applications utilisant les services d’Apple, excluant ainsi les offres disponibles sur les magasins alternatifs ou via le téléchargement direct depuis le web, où des frais supplémentaires s’appliquent. Apple affirme que le DMA n’a pas permis de réduire les prix des applications, mais a potentiellement compromis la sécurité, la confidentialité et l’innovation, tout en complexifiant l’expérience utilisateur. Le groupe souligne également que les nouvelles règles pour les développeurs sont complexes et peu claires.
Apple intensifie ainsi sa contre-offensive contre l’UE, dénonçant un manque de compréhension des enjeux technologiques par les autorités européennes. L’UE a annoncé qu’elle allait évaluer l’impact du DMA, mais il est peu probable qu’elle modifie la législation en réponse aux critiques d’Apple. L’objectif principal du DMA étant d’accroître le choix et la liberté des utilisateurs, les économies financières réalisées lors de l’achat d’applications n’étaient considérées que comme un effet secondaire potentiel.
Vous pouvez consulter l’étude complète d’Apple ici.
Un impact contrasté
Si Apple déplore les conséquences du DMA, certaines entreprises en tirent profit. L’opérateur de navigateur norvégien Opera a ainsi constaté une multiplication par cinq de sa base d’utilisateurs iOS en Europe depuis l’entrée en vigueur de la loi, notamment en France. Cette croissance est en partie due à l’obligation pour Apple d’afficher un écran de sélection du navigateur par défaut lors de la configuration de l’iPhone.
Opera attribue également cette progression à de nouvelles fonctionnalités, telles qu’un VPN intégré ou des fonctions d’intelligence artificielle. Cependant, l’écran de sélection du navigateur est considéré comme le principal facteur de l’augmentation de sa popularité en Europe. Pour certaines entreprises, le DMA représente donc une opportunité plutôt qu’un obstacle. Opera bénéficie de l’impact du DMA.
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