Publié le 10 octobre 2025 à 20h16. Une nouvelle technique d’imagerie médicale, la TEP/CT au PSMA F-18, pourrait améliorer la prise en charge des hommes nouvellement diagnostiqués avec un cancer de la prostate en affinant le stade de la maladie et en adaptant les traitements.
- L’utilisation de la TEP/CT au PSMA F-18 a conduit à une modification du stade métastatique chez 25 % des patients étudiés.
- Dans 13 % des cas, les plans de traitement ont été ajustés suite aux informations fournies par cette nouvelle imagerie.
- Cette étude danoise est la première évaluation prospective des conséquences cliniques du remplacement de l’imagerie standard par la TEP/CT au PSMA F-18.
Une étude menée par des chercheurs danois suggère que le remplacement de l’imagerie TEP/CT au fluorure de sodium (NaF) F-18 par la TEP/CT à l’antigène membranaire spécifique de la prostate (PSMA) F-18 pourrait optimiser les décisions thérapeutiques chez les hommes atteints d’un cancer de la prostate diagnostiqué récemment. La TEP/CT (tomographie par émission de positons couplée à la tomodensitométrie) est une technique d’imagerie médicale permettant de visualiser l’activité métabolique des tissus.
L’analyse des données de 160 patients présentant une maladie à haut risque a révélé que le passage à la TEP/CT au PSMA F-18 a entraîné une modification du stade métastatique chez 40 patients (25 %). Plus précisément, 38 patients ont été reclassés dans un stade plus avancé, tandis que deux ont été considérés comme présentant un stade moins avancé (p < 0,001). Ces résultats ont conduit à une adaptation des plans de traitement pour 21 patients (13 %), avec une orientation vers des thérapies plus agressives dans 19 cas et une reconsidération du potentiel de traitement curatif dans deux autres.
Selon le Dr Claus Madsen, auteur principal de l’étude et chercheur à l’Université de Copenhague,
« L’utilisation du F-18 PSMA-PET/CT a entraîné une migration significative du stade métastatique et influencé la planification du traitement chez une proportion substantielle de patients. »
L’imagerie précise des tissus mous, notamment des ganglions lymphatiques et des os, est essentielle pour la planification du traitement du cancer de la prostate, une maladie connue pour sa propension à métastaser à ces sites. Bien que la TEP/CT au PSMA F-18 ait démontré une supériorité en termes de précision par rapport aux techniques d’imagerie conventionnelles, l’impact concret de son adoption généralisée restait jusqu’à présent peu documenté, expliquent les auteurs.
Pour pallier ce manque de données, les chercheurs ont comparé les résultats de la TEP/CT au NaF F-18 et de la TEP/CT au PSMA F-18 chez les 160 patients, réalisés dans un délai de trois semaines. Les décisions initiales de stadification et de traitement ont été basées uniquement sur les résultats de la TEP/CT au NaF F-18. Par la suite, lors de réunions multidisciplinaires réunissant urologues, oncologues, spécialistes en médecine nucléaire, radiologues et pathologistes, les plans de traitement ont été réévalués en tenant compte des informations fournies par la TEP/CT au PSMA F-18.
Parmi les 69 patients initialement considérés pour un traitement curatif, huit (12 %) ont finalement été reclassés pour recevoir un traitement palliatif, non curatif.
Les chercheurs soulignent que ces résultats mettent en évidence les implications potentielles d’un changement de pratique clinique, passant des modalités d’imagerie traditionnelles (TEP/CT au NaF F-18, scintigraphie osseuse et tomodensitométrie ou IRM) vers la TEP/CT au PSMA F-18, plus sensible. Ils notent également que des organisations telles que l’Association européenne d’urologie et la Société de médecine nucléaire et d’imagerie moléculaire recommandent déjà l’utilisation de la TEP/CT au PSMA F-18 pour le stade initial des hommes atteints d’une maladie avancée.
L’étude complète est disponible ici.
