Home MondeLe résultat des élections tchèques peut réduire le soutien à l’Ukraine

Le résultat des élections tchèques peut réduire le soutien à l’Ukraine

by Clara Dubois

Publié le 6 octobre 2023 19h00. La République tchèque se trouve dans une situation politique incertaine après les élections législatives de samedi, avec la possibilité d’un gouvernement minoritaire dirigé par Andrej Babiš et des tensions potentielles avec le président Pavel sur les questions européennes et internationales.

  • Le parti ANO, dirigé par Andrej Babiš, est arrivé en tête des élections législatives avec 34,6 % des voix et 80 sièges au Parlement.
  • Babiš envisage de former un gouvernement minoritaire, en cherchant le soutien de deux partis plus petits : les “Automobilistes” (6,8 % et 13 sièges) et le SPD (7,8 % et 15 sièges).
  • Des désaccords potentiels pourraient survenir entre Babiš et le président Pavel, notamment en matière de politique étrangère, de relations avec l’Ukraine et de politiques environnementales européennes.

Les résultats des élections législatives tchèques ont laissé le pays dans une situation politique complexe. Andrej Babiš, chef du parti populiste ANO (“Action des citoyens mécontents”), a annoncé son intention de former un gouvernement minoritaire après avoir obtenu le plus grand nombre de voix, soit 34,6 % des suffrages, ce qui lui confère 80 sièges sur les 200 du Parlement. Il compte sur le soutien extérieur de deux formations plus modestes : le mouvement “Automobilistes”, qui a recueilli 6,8 % des voix (13 sièges), et le parti d’extrême droite “Liberté et démocratie directe” (SPD), qui a obtenu 7,8 % des voix (15 sièges).

La coalition de centre-droit menée par le Premier ministre Petra Fiala a obtenu 23,4 % des voix et 52 sièges, tandis que le parti libéral STAN (“Maires et Indépendants”), partenaire de la coalition actuelle, a recueilli 11,2 % des voix (22 sièges). Le parti pirate, qui faisait partie de la coalition sortante, a obtenu 9 % des voix et 18 sièges.

Le président tchèque, Petr Pavel, a entamé dimanche des consultations avec les dirigeants des différents partis afin de déterminer les conditions de formation d’un nouveau gouvernement. La Constitution lui accorde une marge de manœuvre importante dans ce processus, bien qu’il soit d’usage de confier la tâche au parti disposant du plus grand nombre de sièges.

L’établissement d’un gouvernement stable pourrait s’avérer difficile, notamment en raison des divergences de vues entre Babiš et le président Pavel. Un expert a souligné que la République tchèque risque de devenir un pays problématique au sein de l’Union européenne, non seulement en matière de politique étrangère et de relations avec l’Ukraine ou la Russie, mais aussi en raison de tensions internes.

Selon cet analyste, Babiš n’est pas un fervent défenseur de l’UE, ce qui pourrait entraîner des désaccords sur les politiques environnementales, les mesures de protection et d’autres questions européennes. Le SPD, en particulier, exige l’organisation de référendums sur le retrait de l’UE et de l’OTAN, une proposition que Babiš a rejetée. Le parti souhaite également le retour dans leur pays d’origine de plus de 383 000 réfugiés ukrainiens et s’oppose au “pacte vert” de l’UE, qui prévoit notamment l’abandon des moteurs à combustion interne.

« La République tchèque est susceptible de devenir un autre pays à problèmes dans l’UE – non seulement en termes de politique étrangère et de relations avec l’Ukraine ou la Russie, mais aussi des problèmes internes. »

Expert (non nommé)

You may also like

Leave a Comment