Le 28 septembre, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) a utilisé des drones pour attaquer un convoi de l’Africa Corps près de Niono, au Mali. Cette opération marque une intensification du recours aux engins aériens sans pilote par les groupes djihadistes, qui exploitent désormais ces technologies pour la surveillance et l’offensive au Sahel.
L’attaque du 28 septembre à Niono
L’incident survenu à quelques kilomètres à l’est de Niono, dans le centre du Mali, souligne une évolution tactique majeure dans le conflit sahélien. Le convoi visé appartenait à l’Africa Corps, le dispositif du ministère de la défense russe déployé dans la région. Le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) a revendiqué l’attaque dès le lendemain, diffusant des images de propagande affirmant avoir causé sept morts et blessés parmi les membres du convoi.
La prolifération des drones dans le Sahel
L’usage des drones n’est plus l’apanage des armées nationales. Selon les données de l’ONG Armed Conflict Location and Event Data (ACLED), l’organisation dirigée par Iyad Ag Ghali a mené 130 attaques impliquant des drones au Mali et au Burkina Faso depuis septembre 2023, date de leur première utilisation documentée contre le village de Korondali. L’activité s’étend désormais au Togo et au Niger.

L’analyste militaire Amr Diallo explique cette montée en puissance par l’accessibilité financière de ces appareils. Armed groups acquire these aircraft through the black market
, a-t-il déclaré, soulignant que ces engins permettent aux combattants de surveiller les casernes et les bases militaires avant de lancer des assauts. Le JNIM, franchise sahélienne d’Al-Qaida, s’est imposé comme l’un des utilisateurs les plus actifs de cette technologie, avec plus de 80 attaques répertoriées en 2025.
Un défi pour la sécurité régionale
La menace représentée par ces aéronefs légers, souvent de type quadricoptère, complique un environnement sécuritaire déjà déstabilisé. L’analyste Ibrahim Habibou note que ces drones offrent des capacités de renseignement et permettent de transporter des explosifs sans exposer directement les combattants.
Face à cette menace, les autorités locales tentent de s’adapter. Une source sécuritaire nigérienne a indiqué que des discussions avancées sont en cours pour contrer cette technologie. Russian partners have also recognised this, and training is being conducted with them on how to counter these aircraft
, a précisé la même source, soulignant la nécessité pour les États sahéliens de renforcer la coordination régionale. Les données de l’ACLED illustrent l’ampleur du défi : le nombre d’incidents impliquant des groupes armés au Mali, au Burkina Faso et au Niger est passé de 63 en 2016 à 2 845 en 2025, avec plus de 2 100 incidents déjà enregistrés au cours des premiers mois de 2026.